L'arbitrage Tapie ouvre-t-il la "politique des scandales" ?

  • Francois Bayrou
  • Bernard Tapie

La sortie de la décennie 1990 a été marquée par la poussée du Front National. Les scandales à répétition des années 90 avaient alors été désignés comme le terreau de cette poussée. Une volonté de "tassement" s'était alors manifestée. Prend-elle fin ?

Quand on compare les enquêtes internationales, la vie politique Française est marquée par deux discrédits exceptionnellement forts en ce moment :
* le discrédit qui frappe la " parole d'élection ",
* le discrédit qui frappe le " personnel politique ".

Que cachent ces deux discrédits ?

Dans l'actuelle vie politique française, il n'est pas concevable qu'un programme électoral puisse être appliqué. C'est ouvertement le " piège à illusions ". Tant que cet état d'esprit demeurera c'est tout le contrat démocratique qui sera faussé ; d'où les radicalisations et la place des votes pour les extrêmes.

Le second discrédit est celui qui frappe les classes dirigeantes françaises. Elles sont perçues comme incapables, épargnées du sort commun et suscitent un besoin de vengeance contre les élites qui atteint des scores sans précédent.

Ces deux discrédits sont installés alors même que les affaires ont connu un "tassement" depuis le début des années 2000.

Avec l'arbitrage Tapie, les "affaires" redémarrent-elles ?

Il semble que ce soit l'axe de communication désormais occupé par François Bayrou et une partie du PS.

Péguy avait coutume de déclarer " tout est politique aux politiciens. Mais tout est morale aux honnêtes gens ".

Ces dernières semaines sont marquées par des dossiers préoccupants :
* la déclaration de Richard Branson évoquant le "pot de vin" sollicité pour la négociation d'une ouverture commerciale,
* les conditions de l'arbitrage du dénouement "Crédit Lyonnais / Bernard Tapie",
* les raisons du plan d'enterrement de la publicité sur France 2,
...

Tous ces sujets d'actualité convergent vers des questions de morale publique.

Il est dès lors facile de demander de réintroduire de la morale.

Cette morale c'est celle qui se situe entre moralisation et démoralisation.
Il ne s'agit pas de moraliser au prix de déclarations ou d'actes excessifs.
Il ne s'agit pas davantage de s'accoutumer à une triste réalité qui génère une démobilisation gravissime.

Toute la qualité de la réponse tiendra à son sens de l'équilibre et à sa portée générale pour bien attester qu'une vraie nouvelle page s'ouvre.

La morale vient de se réinviter dans la vie politique Française. Elle devrait être le thème de la rentrée.

  • Publié le 29 juillet 2008

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