Valérie Trierweiler et la bataille de l'image

  • Harris Interactive
  • Valérie Trierweiler

A la demande de Grazia, Harris Interactive a réalisé un sondage sur l’image de Valérie Trierweiler auprès des Français, quelques jours après l’élection de son compagnon François Hollande à la Présidence de la République. Quels traits d’images lui sont aujourd’hui accolés ? Quel rôle veulent lui voir jouer les Français, qu’ils aient ou non voté pour François Hollande dans le cadre de l’élection présidentielle ?

Que retenir de cette enquête ?

Aujourd’hui, l’image de Valérie Trierweiler auprès de la population française est celle d’une personne « indépendante » (75%), « normale » (71%), « moderne » (68%), « déterminée » (67%) et « discrète » (66%). A travers sa volonté de poursuivre une vie, si ce n’est ordinaire, du moins habituelle et sa présence mesurée auprès de François Hollande au cours de la campagne électorale, notamment via son compte Twitter, Valérie Trierweiler s’est donc construite une image de femme de son temps. En revanche, elle n’apparaît guère aujourd’hui « proche des gens » (34%). Notons que ce sont les jeunes Français qui la jugent la plus « indépendante », « normale » et « discrète » tandis que ce sont les personnes âgées qui la qualifient davantage de « déterminée ». Les membres des catégories populaires lui prêtent également davantage que la moyenne un caractère « normal ».

Les Français souhaitent majoritairement que la nouvelle Première Dame de France s’occupe au cours du quinquennat d’actions caritatives (52% contre 42% qui ne le souhaitent pas) mais ils sont en revanche partagés sur leur désir de voir ou non la fonction de Première Dame renouvelée par la nouvelle femme en charge de ce rôle : en effet, 46% font part de leur souhait que Valérie Trierweiler renouvelle la fonction contre 48% qui indiquent ne pas le vouloir. L’on voit ici le regard distant à l’égard d’un « rôle » non institutionnalisé, non codé et répondant de la pratique et de l’usage et non d’une fonction officielle. Les personnes souhaitant le plus qu’elle renouvelle la fonction de Première Dame sont les jeunes de 18 à 24 ans (56%) ou les personnes de 50 à 64 ans (51%) tandis que les 25-34 ans et les 65 ans et plus y sont majoritairement opposées (55%).


Dans son rôle de Première Dame, les Français souhaitent avant tout que Valérie Trierweiler s’inspire de Danielle Mitterrand (37%), épouse du seul autre Président de Gauche de la Vème République. Sont ensuite citées Bernadette Chirac (20%), Carla Bruni-Sarkozy (19%), devant Claude Pompidou (13%), Yvonne De Gaulle (13%), et Anne-Aymone Giscard d’Estaing (5%). Logiquement, les sympathisants de Gauche désignent très largement Danielle Mitterrand (72%) tandis que ceux de Droite privilégient davantage Carla Bruni-Sarkozy (33%) ou Bernadette Chirac (32%).

Seuls 17% souhaitent qu’elle exerce une influence politique sur François Hollande (contre 78% qui ne le souhaitent pas). Même les sympathisants de Gauche (71%) et les électeurs de François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle (72%) se prononcent majoritairement contre l’exercice d’une telle influence. On élit, en effet en France, une personne et non un couple. Dans ce contexte, la « première dame de France » n’a pas – selon une forte majorité de Français – de rôle politique à jouer.

Notons qu’un quart des Français (26%) considère que Valérie Trierweiler devrait quitter son métier de journaliste tandis que sept sur dix estiment qu’elle peut poursuivre son métier, 55% considérant néanmoins qu’elle ne doit plus traiter de sujets politiques. Les hommes (33%), les personnes âgées de 65 ans et plus (38%), les plus diplômés (30%), et les sympathisants de Droite (47%) estiment davantage que la moyenne qu’elle devrait arrêter d’exercer son activité de journaliste. Nous sommes bien face à une forme de répartition des rôles qui invite les Français à dissocier les relations personnelles de l’action professionnelle.


Enfin, les Français sont partagés sur la possibilité ou non pour le couple présidentiel de continuer à vivre une « vie normale ». Lorsqu’on leur demande si Valérie Trierweiler et François Hollande pourront continuer à vivre comme ils le faisaient avant l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, 45% estiment qu’ils pourront certainement (22%) ou probablement (23%) continuer à vivre comme ils le faisaient avant l’élection, ils sont 51% à penser qu’ils ne pourront pas continuer à vivre de la même manière qu’auparavant, cette opinion étant particulièrement répandue parmi les Franciliens (57%) et les sympathisants de Droite (71%). Ici aussi, l’on voit bien le rapport des Français au pouvoir : bien qu’ayant élu un responsable politique se revendiquant comme « normal », la fonction semble – à leurs yeux – s’imposer au nouveau Président. Et à son couple.

Méthodologie : enquête réalisée en ligne du 09 au 11 mai 2012. Echantillon de 1304 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).


  • Publié le 18 mai 2012

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