François Bayrou porté par la dynamique des sondages

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C'est une affaire de jours. Chacun attend désormais l'enquête qui annoncera le coude à coude Royal / Bayrou pour la présence au second tour de la Présidentielle. Cette enquête ne devrait plus tarder. Les images de S. Royal à Clichy sous Bois ont choqué une forte partie des femmes vivant comme un abandon le choix d'un emblématique pantalon noir au lieu de la jupe traditionnelle dans la tenue de la leader socialiste.

A l'exception des USA, la France est le pays qui produit le plus de sondages. Pourquoi ?

Plusieurs facteurs contribuent à cette situation.

Tout d'abord, l'absence d'un mode de sélection formalisé à l'élection présidentielle. Faute de processus clair, les sondages fournissent les éléments d'information et de clarification des forces en présence.

Ensuite, la généralisation d?un scrutin majoritaire simple qui fait que techniquement l'opinion doit finalement toujours se structurer de façon binaire y compris sur le plan local. Cette logique porte en elle une structuration permanente de l'opinion sur la base d'une question simple qui est celle de l'adhésion ou pas à la politique mise en oeuvre par le pouvoir en place.

Enfin, la Vème République est construite sur la base d'une "majoritisation" qui convient parfaitement à la logique des sondages.

Nous assistons donc à une véritable "sondomanie" qu'il importe de corriger.

D'abord, les précautions nécessaires pour distinguer l'intention de vote et le vote. Le sondage n'enregistre pas un vote mais une intention de vote à un moment donné. L'intention est une chose. Le passage à l'acte en est une autre. L'histoire des sondages montre que la courbe de l'opinion publique ne présente jamais une grande régularité dans le rapport entre ces deux notions différentes.

Ensuite, l'élément majeur réside dans la fermeté de l'intention de vote. Cette notion très subjective montre vite l'approximation qui existe dans la notion même d'intention de vote.

Enfin, les instituts devraient clarifier publiquement la notion de "correction des résultats". Le redressement des sondages préélectoraux est une technique nécessaire qui a gagné en qualité mais qui laisse encore une part important à "l'intuition".

Ce sprécautions effectuées, il importe surtout d'observer que les sondages font naître une dynamique auto-entretenue. Un mauvais sondage accélère la chute. Un bon sondage entretient le succès.
Avec ces dynamiques, F. Bayrou est porté par ses actuels scores. Jusqu'où ?

  • Publié le 28 février 2007

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