Vers des batailles de chiffres...

Avec la place de plus en plus importante prise par des sujets quantifiables lors des campagnes électorales, les élections deviennent-elles d'abord des batailles de chiffres ?

Une campagne électorale connait classiquement plusieurs carrefours. L'un d'entre eux concerne le rapport entre la place du bilan et celle du projet. Avec l'émergence de priorités électorales quantifiables, cette dissociation classique prend une importance particulière. La bataille du bilan en matière de sécurité comme d'emploi peut être livrée à partir de données "objectives" : les chiffres des évolutions année par année. La campagne électorale canadienne fournit depuis le début de l'année 2006 un exemple caractéristique de cette approche avec la polémique entre le Premier Ministre, Paul Martin et le leader conservateur Stephen Harper sur les chiffres de la délinquance.

Sur le même sujet (l'insécurité), le leader socialiste français, François Hollande, a "ouvert le tir" lors de son entretien sur France 2 le jeudi 05/01/06 à 20 heures 30.

Cette tendance produit deux effets majeurs. D'une part, l'atténuation, voire la disparition, des débats conceptuels qui accorderaient une large place à la confrontation d 'idées. D'autre part, la confusion qui suit l'immédiate production de chiffres contradictoires neutralise l'impact attendu et laisse une place majeure à la pure ambiance dominante du corps social à un moment donné et ce au gré des simples ressentiments émotionnels ou purement évènementiels. C'est là un climat inquiétant pour la qualité des débats démocratiques.

  • Publié le 6 janvier 2006

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