Canada : élections J-2
Vers une majorité relative du Parti Conservateur.
Les derniers sondages marquent un arrêt à la poussée du Parti Conservateur.
Au début de la campagne en novembre 2005, 64 % des électeurs prédisaient une victoire du Parti Libéral. La campagne paraissait tellement jouée d'avance que les commentateurs concluaient à son "inutilité".
Il est aujourd'hui non seulement acquis que le Parti Libéral a perdu mais encore, selon les derniers sondages, seulement 16 % des électeurs souhaitent désormais la victoire du Parti Libéral. En 60 jours, l'opinion a connu un retournement total.
La victoire du Parti Conservateur parait désormais très probable. La seule inconnue réside dans la capacité du Parti Conservateur à disposer ou pas d'une majorité absolue ; ce qui se jouera à 3 ou 4 points de votes. A 14 points d'avance et avec une poussée dans la Province de Québec, le Parti Conservateur disposerait d'une majorité absolue. A 10 points d'avance, tel ne serait plus le cas à quelques sièges près. Cette faiblesse d'écart a conduit les instituts de sondages à augmenter la taille des échantillons sondés pour limiter la marge d'erreur. Même avec de tels efforts, elle reste de 2 à 3 points.
Par conséquent, les dernières heures de campagne peuvent être déterminantes. Dans cet esprit, le Parti Conservateur multiplie ses initiatives dans les géographies clefs et limite tous les risques de bavures de dernière heure. Le leader du Parti Conservateur vient de supprimer son point de presse quotidien et plusieurs candidats qui avaient effectué des déclarations "polémiques" sont désormais rigoureusement entourés pour éviter une accessibilité à la presse de nature à produire des effets inattendus. Cette situation provoque des déclarations critiques de la part de certains journalistes.
Mais l'évolution des derniers jours a montré en début de semaine que les attaques pour susciter des réflexes de "peur devant le changement" pouvaient provoquer des évolutions électorales de 2 à 3 points. La campagne négative engagée par le Parti Libéral a ainsi non seulement stoppé la progression du Parti Conservateur en début de semaine mais elle pourrait lui avoir coûté les deux ou trois points lui garantissant la majorité absolue. Tous ces élements apportent deux constats majeurs. Le 1er concerne les fluctuations considérables d'électorats plus prompts à zapper que par le passé. Le 2ème c'est qu'une campagne électorale reste un redoutable enjeu de bonne gestion du timing.