Bataille sur internet : que vise le PS ?
Le PS choisit une position assez surprenante dans la polémique qu'il ouvre contre l'UMP au sujet de l'achat de noms sur internet.
En début de semaine dernière, les militants du PS ont dévoilé leur campagne de lutte contre des mots-clés sponsorisés par l'UMP sur les pages des moteurs de recherche. Mais cette manoeuvre pourrait se transformer en campagne de communication gratuite et positive pour le parti de Nicolas Sarkozy.
Depuis plusieurs semaines, les responsables du PS s'insurgent sur les méthodes employées par l'UMP pour améliorer la fréquentation de son site Internet au travers de l'utilisation des mots-clés ou Adwords. Le parti de Nicolas Sarkozy s'investit ainsi dans le marketing public électronique en ayant recours à ces mots sponsorisés qui lui permettent d'apparaître au niveau des résultats de recherches des internautes tapant des requêtes en rapport avec des thèmes d'actualité.
Les responsables en communication de l'UMP s'engagent, pour l'instant seuls, dans un plan de communication orienté sur le Web en gérant une enveloppe de 15 000 euros par mois pour 800 mots clés évoluant en fonction des Unes. En tapant CPE ou directive Bolkestein dans Google, vous verrez ainsi apparaître le site de l'UMP, parmi les résultats, qui vous invite à exprimer vos idées ou à participer au débat.
Cette initiative montre le virage pris par le parti de la majorité vis-à-vis des technologies et sa prise de conscience de la nécessité de savoir communiquer efficacement en ligne.
Cependant, dans cette campagne, l'UMP ne s'est pas contentée d'acheter des mots clés à caractère général mais à également enchérit sur les noms des personnalités politiques du PS. Les leaders socialistes ont ainsi pu voir toutes les requêtes contenant leur nom associées au parti de Nicolas Sarkozy.
Ce détournement de notoriété n'a bien entendu pas été du goût de tout le monde à la rue de Solferino, nombreux étant ceux qui critiquaient l'absence d'éthique. Mais l'UMP restant sourde à ces critiques. Les militants socialistes ont alors décidé de s'engager dans une opération de contre attaque.
Il leur a semblé cohérent d'inciter les sympathisants socialistes à cliquer de manière répétée sur ces mots-clés pour faire ainsi grossir la note de l'UMP.
Mais cette offensive risque de coûter plus cher en temps aux jeunes socialistes qu'elle ne coûtera effectivement au parti de Nicolas Sarkozy. En effet, le fonctionnement des Adwords est construit de manière bien plus fine et la gestion des clics frauduleux est strictement contrôlée. Comment ce moyen de publicité pourrait sinon perdurer s'il suffisait aux concurrents d'une entreprise, utilisant les liens sponsorisés, de cliquer à l'infini pour la placer en difficulté financière ?
Ainsi, au terme de cette campagne qui risque de rapidement s'épuiser, l'UMP se retrouvera gagnante dans une opération de communication offerte par le PS avec une fréquentation de son site qui aura nettement progressé (n'est-ce pas un des buts des liens sponsorisés d'ailleurs ?) et qui aura éventuellement permis de capter de nouveaux adhérents.
Reste au parti de la majorité de se désengager progressivement des mots clés qui ont été la source de cette nouvelle forme de militantisme pour conserver tout le bénéfice de l'opération et montrer qu'il a su changer d'ère !