Présidentielles 2007 : Ségolène Royal prend la tête de la course organisée par les sondages

Si le démarrage de la présidentielle est annoncé pour bientôt, la course aux sondages est bien lancée.

C'est un phénomène très étonnant que celui auquel on est en train d'assister. Les sondages donnent naissance à un phénomène auto-entretenu qui modifie significativement les traditionnels préparatifs de campagne. Le PS est en ce moment frappé par le syndrome "d'efficacité démocratique" rencontré en 2004 par le parti démocrate américain lorsqu'il a rapidement plié les primaires pour consacrer la désignation de John Kerry. Les militants démocrates se sont ralliés à celui qui était à l'époque des primaires présenté comme seul susceptible de battre GW Bush. Mais cette appréciation à 8 ou 10 mois d'une présidentielle repose sur des facteurs très éphémères qui pèsent peu lors de la radicalisation progressive de chacun des électorats. Ainsi, dés l'origine, il était clair que le look privilégié de ce Sénateur de la côte Est poserait problème dans des Etats du coeur des USA. Mais au moment des primaires, les camps n'étaient pas encore constitués et les médias titraient alors quasi-exclusivement sur l'ancien héros du Vietnam. Il en fut autrement dans les dernières semaines de campagne. "L'élu des sondages" fut alors replacé dans un contexte plus classique et son allure "côte est" fut un lourd handicap.

Pour Ségolène Royal (voir notre analyse dans la rubrique extraits de la lettre Expriméo édito 24), l'enjeu n'est-il pas le même ? Si l'élu des sondages de pré-campagne devait être le candidat, il y a longtemps que B. Kouchner, Simone Veil, Michel Rocard auraient bénéficié d'un tremplin plus efficace pour leur participation effective au processus électoral. Ce qui est nouveau, ce n'est pas tant la pratique de tels sondages et l'existence d'un tel "phénomène nouveau". Ce qui est nouveau, c'est que ce processus ne rencontre plus de poids d'équilibre compte tenu de la faiblesse des structures classiques des partis politiques. La force des sondages n'a plus de limite. Le phénomène s'auto-entretient. Les médias parlent d'elle puisque les sondages lui sont favorables. De plus en plus présente dans les médias, elle est confortée dans les sondages. Mais jusqu'où et jusqu'à quand ?


Voir également article : Ségolène Royal : une nouvelle étape de sa communication d'avenir

  • Publié le 20 avril 2006

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