Jean Marie Le Pen : le quatrième anniversaire d'un électrochoc républicain
Un sondage sur l'extrême droite est publié le jour du quatrième anniversaire du 21 avril 2002, date du scrutin qui propulsa JM Le Pen au second tour de l'élection présidentielle.
Les Français chouchoutent-ils leurs extrêmes ? Cette question mérite d'être sérieusement posée. Le dernier sondage publié ce jour par Métro et réalisé début mars 2006 par la Sofres fait état de chiffres jugés impressionnants par beaucoup de commentateurs. Le sont-ils vraiment ? Il y a quelques semaines, un sondage réalisé sur l'extrême gauche donnait au profit de celle-ci des résultats identiques. Bien davantage, sur certaines unités de question, les résultats favorables à l'extrême droite remontent à plusieurs décennies. En 1986, il y a donc 20 ans, 34 % des Français répondaient positivement à l'affirmation suivante "sur certaines choses JM Le Pen a entièrement raison. Il dit des choses vraies et justes" (source : page 180 de la bataille des images politoscopie 1986 Infométrie/Le Point).
Le vrai terrain pour les extrêmes c'est la crise de représentation politique dans laquelle la France s'enfonce. Au départ, le terrain de l'extrême droite fut le retour à la morale face à "la bande des quatre" partis classiques englués dans des affaires. Aujourd'hui, bien plus largement, le recours aux extrêmes c'est le besoin de vengeance des citoyens face à des élites incapables d'assurer une sortie de crise.
Début mars 2006, la Sofres a réalisé une enquête pour "lire la politique". 53 % des Français considèrent que la "démocratie fonctionne mal en France" et 69 % que les "reponsables politiques ne s'occupent pas des problèmes de la vie quotidienne". Tant que cette crise de la représentation demeurera à un niveau aussi élevé, les partis des extrêmes auront de très beaux jours devant eux.