Campagnes 2007 : qui seront les candidats caméléons ?

Les formations politiques françaises débutent leurs opérations de « marketing » en ligne pour les échéances nationales alors que leurs homologues britanniques profitent de leur expérience des précédents scrutins et construisent déjà les nouveaux standards de la communication politique.

Conscients que la maîtrise d'Internet sera décisive dans le choix fait par les électeurs dans l'isoloir, les partis politiques débutent, à un an des élections présidentielles, leur apprentissage dans l'emploi de ces nouvelles technologies. Le Parti Socialiste (http://www.parti-socialiste.fr) et l'UMP (http://www.u-m-p.org) ont ainsi chacun publié leur première vidéo on-line mais restent encore maladroits et ancrés dans des clichés de réalisation conventionnels.

Le parti de la majorité lance les premiers jalons de son programme politique pour 2007, au travers de son clip « Imaginons la France d'après », mais se voit critiqué l'utilisation de l'esprit et de l'identité graphique de plusieurs publicités pour s'en approprier l'image de marque.

Les responsables de la rue de Solferino s'inspirent quant à eux des campagnes chocs de la sécurité routière pour épingler, dans une ambiance gothique, « la droite » sur sa politique de réforme du code du travail mais n'y présentent pas de stratégie de rupture et conservent, au contraire, leur image d'opposant.

Ces politiques de communication n'apparaissent donc pas comme ayant été dessinées en tenant compte des particularités d'Internet mais reflètent davantage une approche globale sur le modèle d'opérations faites pour les media traditionnels.

A cet exercice de communication « visuelle » en ligne, le parti travailliste anglais se montre plus expérimenté et innovant. Ainsi, afin de transmettre un maximum de messages et pour capter une forte audience d'internautes, le Labour Party avait mis en ligne, pour les élections nationales de 2005, un « journal de campagne » quotidien où ses sympathisants pouvaient suivre, sous forme de clips courts, la journée de Tony Blair.

Le citoyen-electeur pouvait alors avoir, sous forme visuelle et en moins de cinq minutes, un condensé des idées ou des actions du candidat qui, au-delà de présenter un programme, communiquait sur son profil en donnant une image dynamique à un public jeune.

D'ailleurs, les élections locales britanniques de 2006 offrent également des nouveautés dans la gestion de la campagne électorale en ligne. Les partis politiques anglais invitent ainsi leurs électeurs à communiquer sur leurs préoccupations, leurs questions ou leurs « coups de gueule » au travers de vidéos prisent par l'intermédiaire de leurs téléphones portables. Le Labour travaille également l'humour et la dérision avec l'ouverture d'un site Internet satirique consacré à David Cameron, leader du parti Conservateur, et mis en scène sous les traits d'un caméléon pour critiquer ses prises de positions jugées comme « opportunistes » et « démagogues » (http://www.davethechameleon.com).

En France, sans atteindre cette maîtrise des codes du « marketing public », il est néanmoins sûr que les primaires des partis puis les scrutins nationaux « récompenseront » les candidats qui auront su avoir cette communication d'avance comme Howard Dean été parvenu à le faire par l'utilisation d'un blog, lors des élections américaines de 2004, pour devenir un sérieux concurrent lors des primaires démocrates.

Néanmoins, il s'agit avant tout d'observer l'évolution de cette « nouvelle » forme de communication audiovisuelle qui, au-delà d'intervenir pleinement dans les scrutins nationaux de 2007, se retrouvera également lors des élections locales de 2008 où de nouveaux candidats, équipés d'un blog et d'une caméra, pourraient bien se retrouver en position de rivaliser avec les élus sortants des grandes formations politiques.


Voir également Lettre Exprimeo 01 (offerte)/Carnet 01 : Internet et la nouvelle communication

  • Publié le 26 avril 2006

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