Festival de Cannes 2006 : l'engagement citoyen d'Al Gore
L'écologie était un des thèmes forts de la campagne du candidat démocrate aux élections de novembre 2000. Malgré sa défaite, l'ancien vice-président américain a poursuivi son engagement en faveur de la protection de l'environnement et s'est lancé dans une sensibilisation à l'échelle mondiale sur les causes, les risques et les conséquences des phénomènes de dérèglement climatique.
Même si cette nouvelle orientation politique ne sera probablement pas à l'avantage des Conservateurs dans les élections locales britanniques du 4 mai prochain (voir article du 24 avril sur les Elections Locales), les thèmes de l'écologie et des politiques énergétiques restent des éléments de communication majeurs pour les candidats aux scrutins électoraux.
L'augmentation du prix du pétrole, le choix dans le désengagement ou non dans l'énergie nucléaire, le respect des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ... sont autant de points qui nécessitent une prise de position des candidats. Cependant, la gestion de ces « sujets verts » en période de campagne se révèle périlleuse face à un public méfiant quant à la sincérité des avis exprimés dans un climat où l'approche des élections ne permet qu'une modification de « quelques centimètres » de l'impact des positions publiques.
Reste alors que le phénomène de « campagne permanente » américaine permet de voir émerger de nouveaux comportements avec des responsables politiques qui s'investissent dans des propositions les « impliquant personnellement ». L'ancien vice-président américain, vu comme l'héritier « sans charisme » de Bill Clinton, s'est ainsi engagé, au lendemain de sa défaite aux élections présidentielles de 2000, dans la poursuite de ses convictions « écologistes » avec un programme de sensibilisation sur la nécessité de politiques d'urgence en faveur de l'environnement.
Al Gore a alors construit progressivement une présentation multimédia (qu'il a exposée plus de 1000 fois) sur le réchauffement planétaire avec un constat dramatique : les pics de chaleurs estivaux, les phénomènes climatiques « exceptionnels » ne sont que des signaux d'alarme qui nous séparent d'une mutation climatique majeure dans 10 ans si aucune politique environnementale d'urgence n'est mise en pratique.
Ce combat « citoyen » est la trame d'un documentaire qui sera présenté lors du prochain Festival de Cannes, où le spectateur participe à l'exposé d'Al Gore et découvre une réalité terrifiante et dépassant tous les scénario de fiction.
An Inconvenient Truth a déjà retenu l'attention du public américain bien avant sa sortie « commerciale » le 24 mai, notamment lors du Festival de Sundance en début d'année, et soulève un débat étonnant entre ceux qui « découvrent » le dynamisme, le charisme, le pouvoir de conviction d'un personnage considéré comme « lisse » de 2000 et ceux qui jugent comme secondaire « ces problèmes écologiques » au regard de la menace nucléaire de Téhéran.
Dans tous les cas, la bande annonce donne, en l'espace de quelques minutes, « une claque » au spectateur avec des images chocs et une prestation d'Al Gore remplie de sérieux, de gravité mais également d'humour.
Ainsi, que ce soit Al Gore, David Cameron ou Albert de Monaco, les apparitions médiatiques concernant la protection de la planète se multiplient ... reste à savoir si la France aura également son ambassadeur de l'environnement d'ici le 23 avril 2007 ?
Voir bande annonce de An Inconvenient Truth
Voir site du film
Voir également Edito 07 (offert) : Katrina et le libéralisme