Impopularité de l'exécutif : fatalité ou crise ?
Les cotes de popularité de Jacques Chirac et Dominique de Villepin continuent de baisser.
En l'espace d'un trimestre, les indices de satisfaction de l'exécutif français ont fondu comme neige au soleil. Aujourd'hui, même dans les rangs de l'UMP, l'insatisfaction arrive largement en tête. Comment interpréter cette situation ? Relève-t-elle de la fatalité face à un pays allergique au changement ou la crise est-elle plus profonde ?
Il importe d'abord de constater qu'il n'y a pas de fatalité à l'impopularité de l'exécutif. Angela Merkel est très populaire en Allemagne même si son élection à l'automne 2005 a été très délicate. Au Canada, autre démocratie comparable à la France, le Parti Conservateur progresse dans des intentions de vote alors même qu'il est au pouvoir depuis janvier 2006. La dernière enquête réalisée du 20 au 30 avril 2006 fait même état d'une progression sans précédent au sein de la Province de Québec où le Parti Conservateur dépasserait même le Bloc Québécois.
Quand on analyse les facteurs de cette popularité et a contrario les facteurs de disgrâce, deux élements méritent l'attention :
* le respect des engagements électoraux,
* l'éthique dans la conduite du Gouvernement.
Les deux vrais piliers de la popularité dans les démocraties modernes sont manifestement la capacité à faire ce qui a été promis lors de la campagne électorale et à ne pas s'engluer dans des affaires jetant un doute sur la confiance.
Les Gouvernements exposés à des difficultés sérieuses de popularité sont des Gouvernements qui ont tantôt renié leurs engagements électoraux tantôt été impliqués dans des "affaires". Que dire lorsque ces deux facteurs se cumulent ?
Ces constats montrent bien que la voie du sursaut pour l'exécutif français réside dans sa capacité à redonner un sens collectif à son action en la rapprochant le plus possible du "contrat démocratique" initial et d'autre part à chasser le plus rigoureusement possible tous les nuages d'affaires ou de scandales qui pourraient entacher sa gouvernance.