Ségolène Royal : nouvelle percée

Dernier sondage IFOP pour le Journal du Dimanche : Ségolène Royal effectue une percée significative chez les sympathisants socialistes.

Le JDD publie ce jour un sondage IFOP réalisé auprès des sympathisants socialistes appelés à désigner leur meilleur candidat pour représenter le PS à la présidentielle 2007.

Ségolène Royal arrive en première position avec 50 % de suffrages. Le plus important réside dans deux éléments.
Elle "creuse le trou" avec les autres candidats puisque le second désigné (Lionel Jospin) est 36 points derrière elle.
Second élément, elle fait un bond de 21 points par rapport au précédent sondage réalisé sur le même thème et auprès de la même cible en décembre 2005.

Cette situation appelle trois commentaires. Tout d'abord, elle témoigne, si besoin était, de l'effet auto-entretenu des sondages. La popularité déclarée renforce les soutiens comme l'impopularité déclarée amplifie les contestations. C'est un jeu nouveau assez pervers avec lequel il faut désormais compter dans la vie démocratique.

Ensuite, Ségolène Royal bénéficie aussi des faiblesses de ses concurrents internes. Sa popularité réduit à néant toute la stratégie initiale de Lionel Jospin qui ne peut exister que par "l'appel à candidature" émanant de tiers en sa faveur. Pour mettre en oeuvre une stratégie du recours encore faut-il qu'un recours soit nécessaire. Avec les scores de Ségolène Royal, toute cette stratégie est condamnée. Pour les autres candidats PS, aucun d'entre eux n'arrive à se démarquer d'images usées, liées à de vieilles querelles et à un passé que la grande majorité souhaite ne plus voir resurgir.

Enfin, l'inconnue réside dans les conditions susceptibles d'ébranler cette percée de Ségolène Royal. La seule dimension qui lui fait manifestement défaut est celle de l'expérience internationale. L'émergence de fortes tensions internationales pourrait modifier la donne. Sur ce volet, il est à noter que le Président Bush le 05/05/06 sur la chaîne CNBC a utilisé pour la 1ère fois la notion de premier acte d'une "troisième guerre mondiale" pour évoquer le sacrifice des passagers de l'un des avions détournés le 11/09/01. Le sort de Ségolène Royal risque désormais d'échapper pour une grande part à la seule actualité française qu'elle est arrivée à bien maîtriser.

  • Publié le 7 mai 2006

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