Clearstream : bientôt le scandale des médias ?
La stratégie du pourrissement qui semble avoir été adoptée par le pouvoir risque de réussir au-delà de tous les espoirs des initiateurs mais pour quel coût à terme ?
La France est une démocratie atypique. Après les politiques, puis le tour éventuel de la justice, le scandale Clearstream va-t-il affecter les médias institutionnels français ?
Ce qui est certain c'est que l'information "non encadrée", et tout particulièrement internet, enregistre sur ce dossier des messages de citoyens choqués par l'absence de climat d'investigation des médias notamment télévisuels. La "raison d'Etat" existerait-elle encore à ce niveau de nominations parfois toujours contrôlées ? Un organisme public proche des autorités gouvernementales aurait même dernièrement publié une note faisant part d'un "décrochage" inquiétant.
Il est certain que la France est loin du climat très offensif qui peut exister dans certains pays lorsqu'il est question de scandales affectant de hautes autorités de l'Etat censées donnr l'exemple.
C'est non seulement une question de déontologie mais c'est surtout le risque d'un débordement vers l'extrême de la part de citoyens enclins à "globaliser" la sanction. Ce clivage entre les "élites et le peuple" est toujours le creuset le plus fertile des extrêmes. Il est certain qu'on est loin du climat des Commandites au Canada où aujourd'hui le Premier Ministre s'apprête à réclamer non seulement la transparence totale mais aussi le remboursement au parti Libéral devant les tribunaux.
Les manoeuvres comme l'évocation de certaines sommes bien supérieures au plus beau pactole de l'Euromillion ne peuvent être agitées devant une opinion publique affectée par la crise sans faire redouter des réactions redoutables peu rationnelles. Et dire que le 21 avril 2002 devait être la dernière alerte pour un sursaut républicain salvateur.