F. Bayrou votera la motion de censure déposée par le PS

Sur TFI, le Président de l'UDF a annoncé qu'il votera la motion de censure déposée par le PS et a motivé sa décision par des commentaires implacables sur l'actuelle situation politique.

Ce mandat parlementaire (2002-2007) est marqué par une fracture croissante entre l'UDF et la majorité présidentielle. Une fracture historique qui connait une nouvelle escalade avec l'annonce du vote par le Président de l'UDF de la motion de censure déposée par le PS au sujet du dossier Clearstream.

Le nouvel ancrage de l'UDF est le "parti libre". Mais où peut mener à terme cette liberté dans un cadre insitutionnel qui installe à ce point une bipolarisation incontournable ?

L'UDF représente un courant de pensée nécessaire au franchissement du seuil majoritaire par l'UMP. Mais l'inverse est encore plus incontestable. Quel candidat UDF peut imaginer se passer du soutien de l'électorat UMP ?

Il est difficile de concevoir la sortie politique de cette évolution sans admettre que la seule issue réside dans le scrutin présidentiel. La stratégie de F. Bayrou ne peut trouver une issue salutaire qu'au soir d'un 1er tour où son apport s'avère nécessaire pour la victoire du candidat de droite. Mais cette stratégie repose donc obligatoirement sur une candidature de sa part. Pour pouvoir négocier, il faut que deux critères soient réunis. Le 1er réside dans la présence d'un candidat de droite le soir du 1er tour. Or l'éclatement des candidatures de droite peut désormais conduire à légitimer la question d'un schéma du 21 avril 2002 mais contre la droite. En 2002, une candidature Pasqua ou De Villiers aurait d'ailleurs probablement conduit à un second tour Jospin / Le Pen.
Deuxième hypothèse, la radicalisation des campagnes peut être telle que l'espace de l'UDF serait considérablement réduit et limiterait significativement sa marge de manoeuvre de négociation pour le second tour. Ces deux écueils sont des risques considérables pour une stratégie qui s'avère lourde de nombreuses inconnues (voir notre lettre 26 du 07/02/06).

  • Publié le 15 mai 2006

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