Sarkozy / Royal : la bataille des sondages a-t-elle commencé ?
Le 18 mai 2006, l'hebdomadaire Le Point publie un sondage sur le scrutin présidentiel. Lundi, le quotidien Le Figaro publie un nouveau sondage. Points communs et divergences : la bataille des sondages est-elle lancée ?
Ces deux enquêtes publiées dans un calendrier rapproché amènent plusieurs questions techniques.
Tout d'abord, la droite parlementaire classique disposerait d'un réservoir d'intentions de vote de 45 % au 1er tour puisqu'il est question des résultats suivants (Sarkozy: 34 % ; Villepin : 5 % ; Bayrou : 6 %).
Dans le même temps, la candidate socialiste est dotée de 31 % des intentions de vote.
Par conséquent, les deux camps dits de "partis de pouvoir", minoritaires en mai 2005 lors du scrutin sur le traité constitutionnel européen, disposeraient désormais d'un potentiel de 76 % des votes.
Ce qui signifie par déduction que tous les autres partis sont supposés se partager 24 % des intentions de vote.
Il y aurait donc aujourd'hui un potentiel cumulé d'intentions de votes de 24 % pour :
* le PCF,
* les écologistes,
* l'extrême gauche,
* l'extrême droite.
Si l'on prend les dernières consultations électorales, que constate-t-on ? L'extrême droite atteint son plancher à 13 à 14 % des voix. L'extrême gauche (LCR + LO) atteint son plancher à 10 % des voix.
Dans ce schéma, le PCF et les écologistes disparaîtraient de la carte électorale. Qui peut sérieusement le penser ?
En réalité, ces scores livrés à l'opinion ont été "corrigés" par les instituts concernés et aboutissent à une probable sous-évaluation notoire des extrêmes.
Cette situation pose deux questions :
* doit être ouvert sérieusement le dossier des modalités techniques des corrections opérées par les instituts de sondages,
* s'il n'y a pas matière à enregistrer des corrections significatives, comment expliquer dans le climat actuel une telle érosion des extrêmes ?
Comment expliquer qu'au moment où les idées du Front national ont gagné en "adhésion populaire" selon des enquêtes récentes, les intentions de vote diminuent ?
Comment expliquer que la radicalisation notamment des conflits sociaux fragiliserait la représentativité des partis les plus fortement protestataires ?
Avant l'ouverture active de la campagne présidentielle, il est indispensable que ces questions soient sérieusement traitées pour éviter une instrumentalisation des sondages et les "surprises" des derniers instants.