J. Chirac et l'amnistie de Guy Drut
Le Président de la République fait bénéficier Guy Drut d'une mesure d'amnistie individuelle en application d'une loi du 6 août 2002.
Alors que la stratégie de reconquête de l'opinion publique paraissait simple et logique. Le Président de la République travaillant à son statut international tandis que son Premier Ministre s'occupe de la proximité sur des dossiers consensuels, cette décision est pour le moins "inopportune".
D'abord, elle met en évidence une loi de 2002, faite pour "l'élite" du pays, qui ne peut qu'accentuer le sentiment que la "France d'en haut" n'a pas les mêmes conditions de responsabilité que la "France d'en bas" pour reprendre une terminologie chère lors de la campagne de J. Chirac en 2002.
Ensuite, elle donne le sentiment qu'il y a eu deux attitudes distinctes. D'un côté, les affaires de "province" qui ont connu un cours parfois implacable. D'un autre côté, les affaires de "la Ville de Paris" au parcours moins "direct".
Enfin, dans un climat général de fracture entre l'opinion et le pouvoir, la notion même "d'amnistie individuelle" à la connotation monarchique risque de profondément choquer.
Cet exemple montre que la vie politique française a une approche originale du lien étroit qui devrait exister entre la notion de pouvoir et celle de responsabilité. N'était-ce pas justement parce que M. Drut avait des responsabilités internationales importantes que son implication dans le dossier de la Ville de Paris se devait d'être sévèrement sanctionnée ? C'est manifestement une autre lecture qui a été choisie.