Europe : 12 mois après le référendum, quelles nouveautés ?
Il a douze mois, le non au référendum sur le projet de traité constitutionnel européen l'emportait. Quelles conséquences ont été tirées de cet évènement politique majeur ?
Pour bien analyser les conséquences susceptibles d'être tirées de ce résultat, il importe d'examiner les causes de cet échec.
Ce résultat a d'abord été l'échec du Gouvernement Raffarin qui a abordé la campagne référendaire complètement usé et discrédité. Le vrai tournant du second mandat de J. Chirac a été son obstination à ne pas entendre les messages des urnes. Les cantonales et régionales de 2004 avaient exprimé des messages clairs. A ne pas vouloir en tirer les conséquences politiques, le Président de la République a pris le risque d'aggraver la situation.
Second facteur, le décrochage progressif de l'ensemble des "partis de pouvoir". Ce décrochage traduit un mal plus profond qui est celui d'une vraie crise de la représentation.
Troisième facteur, tout ce qui est loin inquiète. Le rejet de l'Europe est le symbole d'un "étranger" qui suscite des peurs multiples.
Enfin, quatrième facteur, une campagne de communication ratée marquée par une rencontre entre le Président de la République et les jeunes dominée par une image permanente d'incompréhension. Cette soirée télévisée restera probablement comme l'entrée de J. Chirac dans l'isolement voire le "grand âge" aux yeux de l'opinion publique française.
12 mois plus tard, aucun de ces facteurs n'a disparu. Bien davantage, chaque facteur a probablement gagné en intensité. Cette situation montre, si besoin était, que le pays est prêt pour un électrochoc encore plus sérieux. Sera-ce le 1er tour des Présidentielles ? Ce qui est sûr c'est qu'à force de se positionner en récepteur sourd du message des Français, le Pouvoir prend le risque d'une expression de plus en plus violente.