Dominique de Villepin : le bilan des 365 jours
Le Premier Ministre s'apprête à célebrer son 1er anniversaire à Matignon dans une ambiance très contrastée qui ne semble autoriser un trop long statu quo.
Il y a un an Dominique de Villepin était nommé à Matignon. Ses enjeux prioritaires étaient simples :
* relancer le bilan de la seconde moitié du second bilan de Jacques Chirac,
* placer son camp politique en ordre de marche pour les prochaines échéances électorales (presidentielle et législatives),
* incarner une alternative à Nicolas Sarkozy au sein de l'UMP.
Au départ, Dominique de Villepin a choisi l'électrochoc avec la notion des "100 jours". 100 jours plus tard, si le bilan concret était nuancé, l'actualité de rentrée fut une véritable embellie pour le Premier Ministre dont les Français découvraient le dynamisme charmeur et le talent intellectuel. Des qualités d'autant plus rassurantes que le Président de la République connaissait officiellement des ennuis de santé.
Avec les émeutes de novembre 2005, Dominique de Villepin a incarné l'ordre républicain rassembleur face à Nicolas Sarkozy au positionnement alors plus controversé.
La crise du CPE a été le vrai tournant. Alors qu'à l'issue des 6 premiers mois, les médias titraient sur le "nouveau Villepin", tout devait basculer en quelques jours. Le Premier Ministre retournait à la "case départ", celui d'un solitaire coupé des réalités du quotidien, peu disposé au dialogue. Bien davantage pour son image, ce retour était opéré lors d'un bras de fer avec la jeunesse. Les conditions de "sortie de crise" ont manifestement troublé son image. Il doit alors enchaîner sur une nouvelle crise, Clearstream, qui le ramène également à la case départ, celle d'un manipulateur chargé des "basses oeuvres" pour le compte du Président de la République.
Dans ces conditions, Dominique de Villepin est au plus bas dans les sondages.
Il est loin des trois objectifs initiaux.
Le mandat de J. Chirac n'est pas relancé mais englué dans des affaires nauséabondes de seconde catégorie.
L'UMP n'est pas en ordre de bataille. Les députés sont manifestement inquiets pour leur réélection. Bon nombre d'entre eux ont vécu 1997 et commencent à effectuer des comparaisons.
Enfin, il n'y a plus d'alternative à Nicolas Sarkozy au sein même de l'UMP.
Le bilan est donc sévère. Dans ces circonstances, il paraît indiscutable que le statu quo ne peut demeurer encore longtemps. Ou la popularité de Dominique de Villepin redémarre et son maintien à Matignon demeure possible. Ou tel n'est pas le cas et alors le remplacement deviendra incontournable pour que son camp se mettre en ordre de bataille pour les campagnes électorales majeures. Matignon est trop stratégique pour concevoir un occupant impopulaire.
C'est probablement la raison d'être de l'actuelle campagne terrain de Dominique de Villepin. Voir si la proximité consensuelle permet de faire redémarrer la cote de popularité. Si le tremplin n'est pas au rendez-vous rapidement, le plongeoir pourrait alors suivre rapidement pendant l'été.