Jacques Chirac et l'amnistie de Guy Drut : une crise d'identité de la fonction présidentielle

Le désaccord entre l'opinion publique et le Chef de l'Etat porte sur la conception même du rôle de l'Etat et de celui supposé l'incarner.

Les années 90 ont donné lieu à l'émergence de nouvelles attentes dont celle de morale. Cette exigence est plus proche d'un certain rigorisme que d'une pratique des "morales provisoires".

Les Français sont attachés à l'Etat. C'est pourquoi, le "moins d'Etat" n'arrive pas à représenter un courant significatif. Ils sont attachés à un Etat protecteur, garant d'un fonctionnement collectif harmonieux. Cet Etat impartial devient le régulateur ultime des conflits. Le Président de la République est censé l'incarner.

Par cette amnistie, Jacques Chirac sort de cette logique. Il entre donc en conflit avec une large majorité culturelle qui dépasse de beaucoup les clivages politiques classiques.

Le plus surprenant c'est que ce positionnement altère le prochain rôle du Président pendant la prochaine campagne électorale.

La logique voulait un comportement suivant. Une annonce solennelle avant la coupure des vacances d'été (entretien du 14 juillet ?) qui permet d'officialiser sa non-candidature à la campagne de 2007.
Préparer la rentrée sur le bilan international qui est le volet le plus positif des mandats de Jacques Chirac. Ces deux premières étapes franchies, la côte de popularité du Président aurait du être fortement bénéficiaire pour ouvrir la possibilité d'interventionsmajeures lors d ela Présidentielle en qualité de "sage".

Comment recréer une telle logique quand une décision de ce type ramène à une image trop "clanique" ? Ce sera un enjeu très difficile dans les prochaines semaines.

  • Publié le 31 mai 2006

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