Nicolas Sarkozy peine à trouver le ton pour contrer Ségolène Royal
Le Ministre de l'Intérieur parait manifestement dérouté par l'originalité des propositions de Ségolène Royal comme par les modalités de communication de sa démarche vers l'investiture.
Alors que les leaders classiques de la gauche jouent les "offusqués" pour dénoncer les propositions de la Présidente de la Région Poitou-Charente en matière de lutte contre la délinquance, le ton des leaders de la droite hésite entre la dérision et l'humour forcé, deux tonalités peu adaptées à un sujet aussi sérieux.
En mettant de côté des déclarations aux connotations machistes ("faire ses courses"), force est de constater que le parcours atypique de la leader socialiste dérange et trouble le jeu traditionnel.
Cette nouvelle étape devrait pourtant consolider sa position. En effet, l'électorat cherche les signes de rupture. Nicolas Sarkozy a été le premier bénéficiaire de ce climat en engageant très tôt la rupture ouverte avec le Président de la République et en gagnant ainsi non seulement ses galons de candidat à la présidentielle de 2007 mais aussi le statut nécessaire de "nouvelle génération".
Il ne faut pas oublier que la première base de lancement de la popularité de Ségolène Royal a résidé dans les critiques des éléphants du PS au tout début de sa démarche. L'opinion décrypte les messages sur le thème du "dis moi à qui tu t'opposes, je te dirai qui tu es...".
Si tous s'opposent à elle, c'est donc qu'elle n'appartient pas à "cette classe politique" que l'opinion souhaite renvoyer à d'autres occupations tant son bilan est désormais jugé calamiteux. C'est là tout le paradoxe de la communication de Ségolène Royal qui semble jouer pour l'instant gagnante à tous les coups.
Si elle fait son chemin sans être critiquée, elle gagne en indice de confiance en étant à l'écart des sujets dénoncés par l'opinion publique.
Si elle est attaquée, elle gagne aussi en indice de confiance puisque les attaques sont perçues comme la démonstration qu'elle est "en rupture". Sous cet angle, c'est un enjeu inédit. De la solution trouvée pour résoudre cette adéquation dépendra un vrai second tournant de la période préélectorale (le 1er ayant été l'éclosion aussi soudaine et forte d'un profil présidentiel).