Ségolène Royal est victime d'un vrai procès digne d'une autre époque
Elle est loin l'époque où la candidature de Ségolène Royal paraissait être marginale ou passagère. Elle cumule désormais deux succès majeurs : être en tête des sondages et au centre des débats.
Si la première difficulté d'un candidat c'est d'exister, le moins que l'on puisse dire c'est que depuis longtemps cette préoccupation s'est éloignée de la campagne de Ségolène Royal.
L'actuelle polémique au sein du Parti Socialiste repose sur une très grande part d'irrationnel politique. Elle relève davantage du règlement de compte que de l'analyse politique pure. Lorsque les dirigeants socialistes multipliaient les attaques dernièrement contre le projet Sarkozy 2 au sujet de l'immigration, 70 % de leurs propres sympathisants approuvaient les dispositions dudit projet...
Ce même projet était dans les sujets préférés des conversations des Français y compris à gauche (cf. enquête IFOP de mai 2006 pour le tableau de bord politique de Paris Match).
Qui peut sérieusement défendre qu'un parti politique aspirant à la victoire électorale peut construire son succès en n'abordant pas les préoccupations prioritaires des citoyens ou en les abordant pour se démarquer de leurs attentes ?
La démarche de Ségolène Royal s'inspire manifestement d'une approche qui régénère la démocratie en réinstallant le citoyen au coeur des débats loin des simples coteries de fédérations dont les leaders seraient démarchés pour apporter "leurs troupes" en fonction de négociations diverses.
Avec de telles approches, le mécanisme des primaires trouve un autre sens. Pour certains leaders à l'exemple de Laurent Fabius, les assauts donnés semblent relever des tentatives de dernier espoir. La dernière enquête IFOP pour le JDD le plaçait au 6ème rang des candidats ayant la préférence des sympathisants socialistes pour défendre leurs couleurs en 2007 avec 1 % des voix des ouvriers censés être séduits par son virage à gauche ostentatoire depuis 2 ans.
Si les prochains sondages renforcent la position de Ségolène Royal, quel sera le crédit de "survie" de telles candidatures ?