Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy : mêmes idées ou plutôt mêmes analyses des attentes de l'opinion ..

Après les déclarations de Ségolène Royal sur l'insécurité, la vie politique française vient de connaître 48 heures d'hypocrisie ou de cynisme comme elle sait en générer périodiquement.

Pour des leaders socialistes, l'accusation est enfin lancée : "Ségolène Royal a le même programme que celui de Nicolas Sarkozy". Cet argument est assez surréaliste. D'abord parce que l'insécurité n'est pas tout le programme. Mais surtout parce que c'est cacher volontairement qu'un programme se doit de prendre en considération les attentes de l'opinion.

C'est l'analyse de ces attentes qui conduit des candidats à effectuer des propositions voisines sur des sujets majeurs. Est-ce un mal dans une "démocratie moderne" que l'opinion soit plus écoutée et plus considérée ?

Il en est de même pour le slogan du respect. Le besoin de respectabilité ressort de toutes les enquêtes. Avec de telles enquêtes, chacun sait bien ce que cette attente recouvre (voir le détail dans notre lettre hebdomadaire à paraître mardi 06/06/06).

Alors comment comprendre de telles réactions ?

Nous assistons à un vrai choc de deux cultures. Ceux qui privilégient la culture du parti pour ne pas désorienter le fonds de commerce de base quitte à conduire après l'élection les "révisions déchirantes".
Ceux qui intègrent la culture de l'opinion et qui considèrent qu'un programme sérieux ne peut être en situation de rupture avec les attentes majeures de l'opinion et leur propre analyse de la situation.

Depuis plusieurs échéances présidentielles, ce sont les "champions des partis" qui gagnent contre les "champions de l'opinion". Ce fut le cas en 1981 dans le choc Mitterrand / Rocard puis Jospin / Delors ou Chirac / Balladur...
Est-ce qu'à voir les bilans des intéressés, l'opinion a de quoi se réjouir de tels choix ?

Le dernier livre de F. de Closet montre à juste titre que les 25 dernières années ont été perdues pour traiter sérieusement les questions majeures de notre pays. La situation laissée par les actuelles générations en position de décider aux futures générations est une faute difficilement qualifiable tant les crises sont multiples et graves.

La Présidentielle de 2007 ne va-t-elle pas reconsidérer les procédures habituelles ? Cette question est probablement au moins aussi importante pour l'avenir que le choix proprement dit des candidats.

  • Publié le 4 juin 2006

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