Parti Socialiste : quelle union ?
Au lendemain de la publication des propositions clefs du "projet de synthèse", force est de s'interroger sur la vraie portée de cet accord.
Le mot "union" est un mot clef dans la vie politique française. Dans les faits, c'est surtout l'union des refus. Le 07 juin 2006, le Parti Socialiste refusait de donner l'image de la division. Il a donc construit un projet dans lequel le choix des mots permettait d'abriter les contenus de chacun.
Cette "union - unanimité" est à l'opposé de ce que pratiquent beaucoup d'autres pays c'est à dire "l'union - contrat".
L'union-contrat c'est reconnaître les différences mais faire en sorte qu'elles deviennent compatibles avec un contrat commun. Dans beaucoup de pays, il y a aussi le sentiment que les partis politiques doivent cesser de ne penser qu'à la victoire ou à la revanche électorale pour s'occuper davantage du pays, de ses vrais défis.
La culture politique française est peu habituée à cette pratique. Elle ne pourrait voir le jour que dans des circonstances "dramatiques".
Ensuite, la vie politique française demeure dominée par des enjeux conceptuels plus que par des réponses pratiques à des problèmes précis.
Cette culture là fige le jeu des partis. La prochaine présidentielle permettra peut-être de faire bouger cette situation. C'est un enjeu au moins aussi important que celui de la désignation des candidats (voir notre lettre hebdomadaire 42).