La Présidentielle de 2007 est-elle perdue pour la droite ?

Les dernières enquêtes attestent de premiers mouvements de fond de l'opinion publique qui commencent à compromettre sérieusement les perspectives de victoire de la droite à la présidentielle de 2007.

La vitalité de communication de Nicolas Sarkozy et son énergie de conviction ne peuvent effacer des indicateurs très préoccupants pour son camp politique.

Pour apprécier la réalité politique actuelle, il importe de faire abstraction des personnalités en présence pour s'en tenir aux seules tendances politiques ou culturelles de l'opinion publique.

La période actuelle est dominée par six traits profonds.

1) Le décrochage entre l'exécutif et l'opinion. Le Président de la République et le Premier Ministre subissent depuis deux mois des cotes de désapprobation qui atteignent des sommets historiques. Le vrai socle de confiance est aujourd'hui de l'ordre de 20 %. L'approbation réelle (notion de "tout à fait") est de moins de 10 %. Même dans son propre camp (l'UMP) le Président est en minorité d'approbation.

2) Des forces politiques de "nécessaire appoint" franchissent des frontières de rupture. Une part significative de l'électorat UDF décroche manifestement du camp majoritaire. Dans l'hypothèse du duel emblématique du moment (Sarkozy / Royal), 25 % de l'électorat UDF porte son vote sur ségolène Royal ; ce qui est considérable (sondage IFOP de juin 06 pour baromètre Paris Match).

3) Le souhait de victoire de la gauche s'installe largement en tête (10 points d'écart). Cette notion de souhait de victoire est souvent le signe annonciateur de certains votes ultérieurs comme si on se préparait à espérer la victoire avant de la construire dans les urnes.

4) Nicolas Sarkozy a un électorat de plus en plus "typé" :
* personnes âgées de plus de 50 ans,
* retraités,
* artisans et commerçants,

Sur l'électorat de moins de 50 ans, Ségolène Royal bénéficie à ce jour d'une avance qui est au minimum de 09 points pour la tranche d'âge qui lui est la "moins favorable". Cette avance va jusqu'à 37 points pour les 18 à 24 ans...

A circonstances constantes, deux France apparaissent de façon très homogène et probablement trop homogène.

5) La sécurité, qui est le seul dossier où la droite dispose d'une crédibilité forte, n'est pas à la première place des préoccupations et le bilan du Gouvernement est plus mitigé qu'il n'y paraissait à première vue.

6) Parmi les personnalités les plus populaires, la droite est très pauvre. Sur les 15 premières personnalités ayant une bonne opinion, la gauche compte 10 personnalités. A droite, en dehors de Sarkozy, Borloo, Bayrou...c'est le vide. Or faut-il comptabiliser Bayrou à droite ?

Telles sont les tendances lourdes. Sans modification significative, c'est un paysage assez peu réjouissant pour la majorité sortante.

  • Publié le 13 juin 2006

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