Jusqu'où iront les conséquences politiques pratiques de la rupture entre l'UMP et l'UDF ?

Pendant des décennies, la vie politique française a été structurée à partir d'une droite républicaine comptant deux sensibilités politiques complémentaires : la droite bonapartiste (de l'UNR à l'UMP) et la droite orléaniste (des chrétiens démocrates à l'UDF). Cette droite républicaine peut-elle se passer de l'une de ses deux composantes ?

Il est certain que les dix dernières années marqueront un tournant pour la droite orléaniste. L'UDF a connu une réduction considérable de ses effectifs. La création de l'UMP en 2002 a constitué une étape marquante.

En dépit de cette évolution, l'UDF existe toujours. Bien davantage, le fossé entre les électorats s'est creusé. Le dernier baromètre IFOP Paris Match apporte deux éclairages électoraux majeurs :
* en cas de duel Ségolène Royal / François Bayrou, le leader UDF ne recueille que 51 % des voix des sympathisants UMP. C'est dire l'importance de l'évasion des voix.
* en cas de duel Ségolène Royal / Nicolas Sarkozy, la Présidente de la région Poitou-Charentes recueille 25 % de voix de sympathisants UDF, ce qui est un nombre fortement significatif.

Si ces chiffres contaminent le local, c'est un nombre considérable de circonscriptions qui pourrait connaître des issues électorales désormais très incertaines pour la droite républicaine.

Les électorats UMP et UDF sont sous le coup de 5 ans de "mauvais climat". Comment cet acquis pourra-t-il être effacé en quelques semaines si ce partenariat politique devait continuer à dominer l'organisation de la droite républicaine ?

Cette question est d'autant plus préoccupante que la "droite bonapartiste" ne dispose d'aucune voie alternative. Les temps électoraux risquent de présenter une "facture cash" des dominations parfois arrogantes ou perçues en tant que telles lors des moments de pouvoir.

  • Publié le 13 juin 2006

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