Sarkozy, Royal, Bayrou : la bataille du "réformisme"
De la tribune de Nicolas Sarkozy dans le JDD aux déclarations de François Bayrou lors du "grand rendez-vous" (Europe 1 / Le Parisien), le réformisme parait au centre des déclarations des présidentiables.
Depuis 1995, le "vrai changement " est au coeur des campagnes électorales présidentielles et ce selon des terminologies différentes.
La campagne de 2007 semble vouloir connaître une réelle escalade dans l'expression de ce "vrai changement" ; probablement d'ailleurs pour tenter de faire croire aux citoyens que "cette fois çi sera la bonne".
Ce positionnement n'est pas surprenant puisqu'il correspond assez fidèlement aux attentes majeures des français. Ce qui est plus étonnant c'est que F. Bayrou au moment où il a considérablement affiné le contenu détaillé de son discours ne parvient pas à décoller dans les sondages. Il n'arrive pas à bâtir un "charisme de vrai présidentiable".
Le positionnement de Nicolas Sarkozy est lui affecté par le paradoxe qui consiste à dénoncer la faillite d'un régime dont il est l'un des principaux responsables gouvernementaux et Président du parti qui soutient fidèlement ce régime.
Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner si la marge de manoeuvre de Ségolène Royal est grande puisqu'elle est en compétition avec des concurrents dont le pouvoir d'évocation est frappé par de telles contradictions.
En réalité, si le calendrier de la campagne présidentielle 2007 respecte les dynamiques traditionnelles, le vrai rendez-vous est celui de janvier 2007.
Depuis 1981, le mois de janvier a systématiquement entièrement redistribué le jeu politique et ouvert la vraie compétition sur des bases réellement nouvelles. C'est le moment où l'opinion se lance sérieusement à son tour dans le débat et pose ses vrais jalons. Si le cap est sur le thème de la réforme, encore faut-il lui donner un autre "nom de baptême" et des "visages". Là est l'essentiel.