Suez-GDF : vers un passage en force ?

Alors que les parlementaires avaient manifesté une certaine hostilité à tout examen rapide de ce dossier entraînant de fait une avancée dans la privatisation de GDF, il semble que le Gouvernement choisisse de précipiter les évènements.

Si la volonté de "réformer" est un des points reconnus à Dominique de Villepin ; en revanche les moyens pour y parvenir posent beaucoup de questions.

Dans le dossier Suez-Gaz de France, un affaiblissement de la part de l'Etat ne pourrait que renforcer les inquiétudes des usagers sur les conséquences éventuelles à moyen terme pour le coût de l'énergie.

Il importe de rappeler que ce sujet (prix de l'essence et coût de l'énergie) est depuis plusieurs semaines en tête des conversations des français (cf baromètre IFOP Paris Match). Si la priorité de l'Etat est perçue comme entraînant une baisse significative de la part de l'Etat dans GDF, il est à craindre que les conséquences politiques soient assez redoutables au moment où les grandes entités économiques paraissent un autre univers (cf dossiers Vinci et EADS).

C'est un choix surprenant car il radicalise l'image du Gouvernement dans une logique de pure efficacité économique au moment où les attentes des français vont en direction de davantage de protection.

Le CPE visait déjà à l'efficacité et chacun a pu en apprécier les conséquences politiques. Il a été une formidable vitamine pour rétablir la popularité de leaders syndicaux initialement fragilisés et a permis de reconstituer une "politique de gauche". A moins de 12 mois d'une présidentielle, c'est un choix stratégique assez étonnant.

  • Publié le 19 juin 2006

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