Ségolène Royal va-t-elle abattre
Le site internet de Ségolène Royal donne une tonalité à son programme potentiel qui en dit long sur l'approche délibérément nouvelle de cette candidate. La République du respect qui structure l'une de ses premières priorités est désignée comme d'abord la façon de lutter "contre les désordres". Jusqu'où ira-t-elle dans le remise en question des symboles du candidat socialiste classique ?
Une campagne présidentielle française c'est d'abord la gestion des symboles.
En 1974, VGE joue au foot, prend le bain pour montrer la jeunesse qui est la sienne. Puis grâce au chandail et à l'accordéon, il modère son côté aristocrate.
En 1981, F. Mitterrand gère "le collectif" face à un sortant supposé incarner la solitude arrogante du pouvoir. Ce collectif est tellement important et pluriel qu'il faut deux panneaux d'affichage commercial côte à côte pour présenter aux français les hommes qui constituent "l'autre politique".
En 1988, il est le "sage" qui unit et rassemble face à la fougue supposée devastatrice de son challenger. La "génération tonton" prend corps revendiquant le visuel du romantique qui se cacherait derrière un Président symbolisé par son chapeau et son écharpe.
En 1995, la France découvre un homme seul (J. Chirac) qui suscite la compassion puisque trahi par son "plus proche ami" alors qu'il mériterait désormais la victoire qui s'était refusée à lui tant de fois.
En 2002, il n'est plus question de "gagner la préférence" mais "l'union des républicains".
Quel sera le symbole de 2007 ?
Le blanc qui est la couleur de Ségolène Royal et qui a la pureté de convictions qui dénotent ?
L'univers symbolique n'est pas encore structuré sauf peut-être la volonté populaire de renouer avec le réflexe "révolutionnaire" qui "fait tomber les têtes" de l'élite qui méprise le peuple. Dans ce cas, comment construire le symbole de l'anti-élite tout en restant républicain et porteur d'un programme de pouvoir ?