Signaux d'alerte pour Nicolas Sarkozy
Un sondage TNS Sofres pour le Figaro Magazine contient de vrais indicateurs d'alerte pour le Ministre de l'Intérieur qui, faute de corriger rapidement certains traits perçus, pourrait rencontrer des difficultés certaines dans la dernière ligne droite présidentielle.
La question est simple. Dans son rapport avec l'opinion publique, Nicolas Sarkozy sera-t-il le Jacques Chirac de 1988 ou celui de 1995 ?
S'il est perçu comme le premier, il est fort probable qu'il lui faudra, lui aussi, patienter avant d'être élu.
S'il est perçu comme le second, la route du succès est alors toute tracée.
Le sondage Sofres pour le Figaro Magazine montre qu'il est probablement plus proche de l'image de J. Chirac en 1988 que de celle de 1995.
Libéral, autoritaire, voire même inquiétant sont des réels freins à l'élection présidentielle en France. Ces traits sont aujourd'hui ceux de Nicolas Sarkozy.
Le printemps 2006 a été un 1er tournant de la présidentielle. Ségolène Royal a réussi son lancement là où les autres compétiteurs ont raté le leur.
Politiquement, en demeurant au Gouvernement, Nicolas Sarkozy est scotché au bilan gouvernemental. Bien davantage, il n'étoffe pas son profil présidentiel en complétant son image initiale. Son créneau était celui de la "crédibilité d'action". C'est un créneau distinctif car peu d'autres responsables politiques peuvent l'occuper comme lui. Mais cette crédibilité ne peut être limitée à son seul domaine ministériel et surtout en devenant une "preuve d'agitation par le trop d'actions".
De récents articles à l'exemple de celui paru dans le quotidien Le Monde sous le titre "la firme Sarkozy" dégagent également une volonté de succès qui inquiète. Les citoyens français vivent toujours dans l'idée du Président qui "peut tout" d'où leur réflexe de protection en choisissant un "tempérament sage" qui porte en lui la connaissance des limites.
Dans toutes les dernières élections, le tournant a été le mois de janvier de l'année électorale. C'est à cette époque que les esprits arrêtent leurs positions. Sans modification majeure de positionnement à la rentrée de septembre, le Ministre de l'Intérieur est en passe de rater son positionnement culturel donc limite sa base politique à terme.
Si la droite n'a pas de bilan ni de leader rassembleur au-delà de ses propres bases, il ne lui restera plus qu'à attendre sa victoire des défaillances de l'autre camp. La leçon du 1er tour d'avril 2002 est toujours très présente dans les esprits de la gauche et limitera significativement les marges de divisions ouvertes.
Cette enquête marque donc des vrais signaux d'alerte.