Ségolène Royal est-elle la gauche blairisée ?

Le dernier week end a été marqué par l'expression d'analyses ayant une partie commune : Ségolène Royal remettrait en question l'ancrage idéologique traditionnel de la gauche française. Est-ce exact ?

Laurent Fabius lors de son "banquet de l'amitié" au Grand Quevilly puis, dans un registre encore plus offensif, Olivier Besancenot lors de son discours d'acceptation de sa candidature au titre de la LCR ont développé une argumentation pour partie commune : à ce jour le choix serait entre l'ultra-libéralisme incarné par Nicolas Sarkozy et la gauche blairisée de Ségolène Royal. Est-ce exact ?

L'originalité de la présidentielle de 2007 peut résider dans une redistribution des ancrages idéologiques.

Dans les prochaines semaines, 4 enjeux concrets permettront de vérifier la réalité de cette éventuelle redistribution des positions.

1) Nicolas Sarkozy doit clarifier sa doctrine sur les rapports entre le secteur public et l'économie. Si son programme va en direction d'une réduction significative du secteur public et d'une progressive adaptation aux critères de fonctionnement du privé (système du mérite, efficacité de résultats...), il confortera son image de "libéral" et déstabilisera probablement une part de son électorat UMP habituée à une approche plus étatique. La ligne de frontière entre les "gaullistes" et les "libéraux" sera modifiée.

2) Ségolène Royal doit clarifier sa doctrine sur les insitutions et tout particulièrement sur les conditions d'une majorité de gouvernement. Son affirmation par l'opinion publique auprès des instances politiques est en passe de réussir. Une majorité d'opinion ne fait pas nécessairement une majorité politique. Il est temps que la Présidente de la Région Poitou-Charentes précise les contours de sa majorité politique pour mettre en oeuvre son programme.

3) En fonction des deux premières réponses, l'UDF de F. Bayrou ne pourra échapper à l'obligation de choisir clairement son camp dés l'instant que l'approche binaire demeure la clef des prochains scrutins.

4) Si une gauche sociale-démocrate émerge limitant d'autant l'espace politique du centre, l'UMP ne pourra échapper à des surenchères sécuritaires pour combler certains départs par des transfuges plus droitiers.

Ces exemples précis montrent bien qu'en effet une redistribution globale est plus ouverte en 2007 qu'en 2002. Mais il paraît encore prématuré de conclure qu'elle interviendra nécessairement. Du moins rien de concret ne permet encore d'aboutir à un tel constat. La route est encore longue.

  • Publié le 26 juin 2006

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