Lionel Jospin peut-il s'opposer à Ségolène Royal ?
Dans chaque période pré-présidentielle, les français éprouvent deux tentations contradictoires. La première est celle de l'attente de neuf. La seconde est celle du recours à des valeurs reconnues. Le choix entre Ségolène Royal et Lionel Jospin est un exemple de cette habitude.
La vie politique française sera-t-elle emportée par le "frisson du neuf" ou fera-t-elle appel à des valeurs sûres ? Avec la candidature de Lionel Jospin, le PS va résumer à lui seul ce traditionnel dilemne.
Depuis 1974, chaque présidentielle a vu naître son "troisième homme". Celui qui allait changer les frontières politiques. Ce "troisième homme" s'est appelé Michel Jobert en 1974, Coluche et Yves Montand en 1981, Bernard Tapie en 1988, JP Chevènement en 2002.
Aucun d'entre eux n'a échappé à un échec cinglant.
Les français ont une telle considération de la toute puissance de leur Président de la République qu'à la dernière minute, ils ont toujours un réflexe conservateur pour le choix des candidats.
2007 sera-t-elle l'année de l'exception ?
Pour la première fois à ce point, le décalage entre les repères de la société politique et ceux des citoyens est immense. Ce décalage fait surgir un espace. Mais cet espace est-il suffisant ?
La présidentialisation du régime accroît la logique "d'homme providentiel" trempé par les épreuves. Que restera-t-il des intentions de votes lorsque la campagne virtuelle deviendra très réelle ?
Ce choix en dira long sur l'état d'esprit de l'opinion publique bien au-delà du simple choix interne au PS.