EADS : des nominations "à la française"

Les démissions du coprésident français d'EADS et du Président de la filiale Airbus donnent lieu à une succession caricaturale de nominations montrant, si besoin était, la place toujours prédominante du politique dans les nominations industrielles françaises.

Ce doit être frustrant de compter parmi les responsables de premier plan de certains grands groupes français à force de constater les critères de désignation des Présidents desdits groupes. En effet, à la différence notamment de l'Allemagne, les parachutages sont toujours à la mode.

Des parachutages, à partir notamment du passage par un cabinet ministériel éminent, demeurent encore le sésame pour des responsabilités d'entreprises. Les Préfectures françaises ou les cabinets ministériels ne passent pourtant pas pour des exemples de gouvernance moderne d'entreprise.

Cette logique du "bon carnet d'adresses" prévalant sur la connaissance du milieu professionnel concerné est une spécialité française ; d'où le sentiment de "parisianisme incestueux" qui conduit à une véritable rupture entre l'élite et les citoyens. En dépit de nombreuses déclarations, les "vieux réflexes" sont toujours bien en vigueur.

  • Publié le 3 juillet 2006

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