Le rebond de Dominique de Villepin
Le Premier Ministre peut-il connaître une rentrée de septembre 2006 analogue à celle de la révélation de septembre 2005 ?
Au départ, le scénario était clair. Dominique de Villepin parle d'optimisme, de patriotisme et de grandeur.
Après les échecs de Raffarin, Dominique de Villepin devait transposer à l'intérieur le souffle qu'il avait pu et su incarner sur la scène internationale dans des moments emblématiques dont sa fameuse déclaration lors de la guerre d'Irak.
Après une longue période de situations « tristes », le retour à la vraie grandeur de la France revenait ainsi d'actualité.
L'aventure de la réforme serait enfin lancée.
La grande bataille pour l'emploi serait enfin livrée.
Bien plus, dans ce pays qui bouge peu mais surtout tellement lentement, il fut même question au début de la « bataille des 100 jours » censée démontrer que le possible pouvait même être atteint dans des délais brefs.
Le dernier trimestre 2005 a constitué une bonne rampe de lancement. Mais au printemps 2006, le CPE et Clearstream cassent la dynamique. L'épopée tourne à l'échappée solitaire (CPE) et parfois même au rocambolesque (Clearstream).
La confusion et le doute prennent le pas sur l'allégorie sportive et altière entretenues jusqu'alors.
Le scénario de départ peut-il revoir le jour ?
En réalité, le scénario correspondant au « caractère de Villepin » c'est le lien entre la crise de confiance à l'intérieur et l'affaiblessement à l'étranger. Cette présentation, qui inspire son discours de politique générale, est cohérente.
Dominique de Villepin doit incarner le facteur de rebond pour éviter la crise de confiance à l'intérieur et l'affaiblissement à l'étranger.
En réalité, ce qui manque à ce jour, c'est le poids de vrais symboles.
Il faut trouver la façon de traiter l'actualité selon des modalités qui constituent le révélateur et l'accélérateur de l'expression et de la reconnaissance de ces symboles.
Le problème c'est qu'aucun élément n'est assez fort à ce jour pour permettre cette expression donc cette reconnaissance. Sur le plan intérieur, le chômage baisse de façon régulière mais modérée. Sur le plan international, le « gendarme américain » pèse plus que jamais. Il est donc difficile de « trouver une fenêtre de tir ».
Il reste à attendre les évènements de rentrée pour voir si la météo politique lui offre une véritable éclaircie ?