Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy seront-ils fragilisés par la poussée des questions internationales ?

La rentrée politique de septembre 2006 risque d'être dominée par la pression de tensions internationales majeures intervenant de surcroît sur un fond de résurgence du terrorisme. Quelles conséquences politiques peuvent résulter de ce nouveau "climat politique" ?

Le conflit sur le Liban a installé l'international parmi les sujets prioritaires d'actualité. La résurgence d'un terrorisme actif rappelle la vulnérabilité de chacune de nos sociétés.

Si ce climat devait demeurer, quel serait l'impact sur la rentrée politique ?

Jusqu'à maintenant, tout se préparait pour une "morne rentrée" marquant l'aboutissement d'anciennes man?uvres ayant déjà abouti au printemps 2006 c'est-à-dire la progressive désignation par l'opinion d'un face à face Nicolas Sarkozy / Ségolène Royal.

Les inconnues résidaient dans le nombre et le profil des autres candidatures et les hypothèses de reconduction d'un 21 avril 2002 c'est-à-dire un second tour sans l'une des deux forces démocratiques classiques.

Ce contexte contribuait pour partie à l'émergence d'un débat assez éloigné d'enjeux de société et désormais centré sur des aspects plus personnels voire anecdotiques. Anouilh dans Cher Antoine déclarait "viser bas, c'est viser juste". Le débat médiatique s'ést ainsi focalisé sur le bikini de Ségolène Royal ou les conditions de réconciliation entre Cécilia et Nicolas Sarkozy.

Si la rentrée politique intervient dans un contexte international d'affrontements violents avec des risques de contagion régionale impactant l'ensemble de l'économie internationale notamment par le biais des tensions sur le prix du pétrole, le profil des présidentiables peut-il en être impacté ?

Ségolène Royal devrait être la première pénalisée par ce contexte. Plusieurs facteurs y contribuent dont le sentiment de l'absence de d'expérience gouvernementale à des fonctions significatives. Dans une moindre mesure, il n'est pas certain que le profil réformateur énergique de Nicolas Sarkozy soit le mieux adapté à de telles circonstances. L'opinion aura tendance à rechercher des "hommes d'Etat" ayant été déjà exposés à des crises internationales majeures et ayant témoigné alors le sang froid et la maîtrise nécessaires.

Il est certain qu'à gauche, ce climat plaide pour Lionel Jospin. A droite, selon le degré d'intensité de la crise, divers profils se profilent y compris, dans un climat exceptionnel, la candidature de Jacques Chirac.

Qui peut imaginer l'état d'esprit d'une opinion publique qui constaterait en même temps l'explosion en plein vol de 10 avions entraînant plus de 3 000 victimes innocentes et l'embrasement du Moyen Orient avec une implication iranienne et syrienne de plus en plus manifestes changeant alors significativement la nature du conflit ?

Il est aujourd'hui certain que l'international s'est invité aux premières places de la prochaine présidentielle. La question est désormais de savoir si ce ne sera pas à la toute première place ?

  • Publié le 12 août 2006

Partagez cet article :

Exprimez votre avis :