Philippe de Villiers met en cause une partie de la presse

Philippe de Villiers accuse une partie de la presse d'organiser le deuxième tour de la présidentielle.

Le Président du Mouvement pour la France ouvre un dossier majeur pour la qualité de la démocratie Française : la place occupée par le "4ème pouvoir" dans le débat politique.

L'information en France est malade. Si cette maladie est quasi généralisée, elle frappe maintenant tout particulièrement la presse écrite quotidienne.

Les ventes sont en forte et permanente régression.

Bien davantage, des maux profonds affectent l'utilité même de ces supports.

Premier travers, la presse quotidienne, y compris la presse régionale, est devenue davantage une presse d'opinion que d'information. Elle a une coloration de plus en plus partisane. Elle s'intéresse davantage à interpréter les faits qu'à en rapporter le détail. Elle donne ainsi une place très importante au subjectif.

Hier, seuls les éditoriaux étaient censés laisser une grande part à l'opinion. Aujourd'hui, presque chaque article comporte tellement de commentaires subjectifs qu'un journal semble composé d'éditoriaux généralisés.

Cette approche est très "exclusive".
Tous ceux qui ne se retrouvent pas dans cette interprétation généralisée décrochent rapidement. Bien davantage, ils se sentent agressés car ce n'est pas ce qu'ils attendent de ce produit d'information. Le journal quotidien devient un outil de raisonnement alors qu'il devrait être d'abord l'outil du droit du public de savoir.

La priorité ne devrait pas être donnée à l'interprétation mais à la vérité des faits. Le journaliste, y compris le localier, est ainsi devenu un "intellectuel" qui conceptualise tout y compris la plus insignifiante foire locale alors qu'il devrait être d'abord un détective vigilant de la vérité des faits : chiffres sur les personnes présentes, comparaison des fréquentations d'une année sur l'autre, détail des déclarations des personnalités comme du temps passé.
Cette confusion des rôles fait naître de nouveaux espaces d'informations.

Pour d'autres aspects, dont les médias audivisuels, comment accepter que des groupes d'informations puissent dépendre d'actionnaires de référence aussi dépendants de marchés d'Etat.

Le traitement des candidats s'avère rapidement très inégal. On n'est loin de la façon dont les médias américains traitent par exemple les primaires en s'ouvrant à ce qui est convenu de surnommer avec un terme particulièrement inadapté "le débat des nains" c'est à dire toutes les étapes préparatoires mettant en présence des candidats sans disposer parfois d'une quelconque audience historique.

Il est certain qu'il s'agit là d'une question de première importance. On va mal la presse directement concernée mener son propre "procès". En conséquence, cette question devrait vite retomber.

  • Publié le 22 août 2006

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