Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal face à une présidentielle atypique
Plus la campagne active s'engage, plus la présidentielle 2007 parait dotée de caractéristiques qui l'éloignent du repère de 2002.
L'élection de 2007 sera une élection d'un nouveau type.
Ce sera une élection éclatée et une élection raisonnée.
Une élection éclatée, par la diversité des sujets, des candidatures, des profils.
Une élection raisonnée, car le traumatisme du 21 avril 2002 privant la Nation d'un vrai second tour républicain pèsera très lourd dans le « vote utile ».
Dans le poids entre ces deux critères (éclatement et raison), la situation de 2007 est presque à l'opposé de celle de 2002.
En 2002, l'élite politique était raisonnée par le fait de la cohabitation qui signifiait une part de bilan commun ou du moins partagé. En réaction, l'opinion fut éclatée et s'est répartie nouvellement sur le spectre du choix démocratique avec une forte poussée des extrêmes.
En 2007, l'élite politique est éclatée car cette élection est à la fois une fin de règne et une fin de régime mais l'opinion sera raisonnée car elle attend un vrai second tour avec une offre d'alternative républicaine.
Bien davantage, l'absence de cohabitation clarifie les bilans et perspectives des uns et des autres. S'il y a une stabilisation du Front National, ce ne sera pas tant une réaction purement conjoncturelle mais là l'expression d'une véritable radicalisation d'une partie de l'électorat.
Beaucoup de signes annoncent cette radicalisation. A trop vouloir contenir le Front en "allant chasser sur certaines de ses terres", Nicolas Sarkozy prend des risques considérables pour son image de marque personnelle qui ne peut et ne doit se réduire à la seule politique sécuritaire. Il serait temps qu'il fasse émerger dans son propre camp politique "un digne héritier" pour s'occuper d'autres sujets de nature à consensualiser son image personnelle.