Ségolène Royal : un premier pas vers un éventuel shadow cabinet ?
Ségolène Royal hâte la présentation de son état-major de campagne. Comment interpréter cette situation alors même que le temps des candidatures officielles n'est pas encore ouvert ?
Ségolène Royal doit améliorer son image dans deux domaines. D'une part, elle doit compléter le contenu de son projet. D'autre part, elle doit franchir l'étape de la démarche individuelle à celle d'un collectif l'entourant, la protégeant, la portant vers la dernière étape.
La France est restée à l'écart d'une démarche commune dans bon nombre d'autres démocraties : celle dite du shadow cabinet. Il s'agit de franchir une étape encore plus détaillée que le simple état major pour évoluer vers la notion de "Gouvernement bis". En Grande Bretagne, cette approche est institutionnalisée. Aux Etats Unis, les dernières semaines de campagne voient de fait une répartition des tâches qui préfigure manifestement l'éventuel partage ultérieur des responsabilités. En Allemagne, lors de la dernière législative, Angela Merkel pour lutter contre les attaques d'inexpérience avait publié son "Gouvernement bis" non sans dégâts d'ailleurs suite à l'impopularité de certains membres.
Il paraît probable que la campagne 2007 va connaître deux évolutions notoires. D'une part, une sélection plus rapide du profil du titulaire de Matignon. D'autre part, un engagement collectif plus important qui positionnera plus solidement vers un poste ministériel pour l'avenir en cas de succès.
A son rythme, la France avance là aussi sur la route des campagnes anglo saxonnes.