La campagne de Nicolas Sarkozy impactée par le calendrier de J. Chirac ?

Le Président de la République fixe aujourd'hui un calendrier de "campagne active" qui ne correspond pas à celui engagé par le Président de l'UMP. Quelles conséquences ?

La campagne de Nicolas Sarkozy est dominée par le défi des 3 C :
* confiance,
* courage,
* coeur.

En ce qui concerne le coeur, c'est le vrai dernier défi qui attend Nicolas Sarkozy. D'abord, il s'agit d'un « complexe » séculaire de la droite (bonne gestionnaire) face à la gauche (générosité imaginative). Mais surtout, les mesures pour aborder la sécurité dans des conditions nouvelles l'ont souvent éloigné de cette qualité de coeur.

Cette qualité est pourtant un référent important pour des catégories électorales majeures. Lors de l'Université d'été de Marseille, une première inflexion a été apportée notamment par l'importance du volet sur la formation vécue comme une « chance permanente ». Mais tant le contenu que le ton n'ont pas apporté encore les corrections nécessaires.

Le vrai défi de Nicolas Sarkozy pour acquérir cette qualité de « coeur » est double. Il réside dans son rapport au contenu de la protection sociale moderne et le statut qu'elle reconnaît aux « faibles ». Mais surtout, il réside dans le code visuel qui entoure Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui ce code visuel imprime l'image de la « toute puissance » : depuis la montre Breitling jusqu'aux relations. C'est la France qui gagne. La France qui loue l'énergie, la compétition internationale. Il doit redéfinir son code visuel pour l'adoucir, l'apaiser, le rendre moins « golden boy ». En évoluant ainsi, il dissipera l'inquiétude qui entoure souvent sa personnalité.

C'est probablement ce dernier défi qui est l'ultime obstacle sur son chemin vers la victoire. L'opinion française n'est pas en attente de « printemps libéral ». Elle se cherche une modernité douce qui puisse la rassurer. Pour elle, le Président peut être le dernier filet de sécurité vers cette « modernité douce ». Nicolas Sarkozy incarne déjà la modernité. Reste la douceur...Plus le Président de la République allonge le temps de l'action gouvernementale classique plus il décale la possibilité de compléter le pouvoir d'évocation de Nicolas Sarkozy en matière de "compassion sociale collective". Cet handicap risque de peser lourd dans la dernière ligne droite (voir notre lettre 56 à paraître le 12/09/06).

  • Publié le 9 septembre 2006

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