François Fillon ouvre enfin un vrai dossier de fond
En posant clairement la question des régimes sociaux de la retraite, le Conseiller de Nicolas Sarkozy place au centre du débat un dossier qui le mérite.
La campagne présidentielle va-t-elle enfin vivre un lancement digne de l'importance de cet enjeu démocratique ?
Jusqu'à ce jour, le débat baigne dans l'accessoire. Chaque candidat semble d'abord penser à l'expression du plus grand dénominateur commun. Si bien que l'on assiste à une succession de formules creuses, vagues, une offensive d'une bataille d'images sans rapport avec l'importance d'arbitrages incontournables.
En posant la question des régimes spéciaux de retraite, voilà enfin un vrai dossier propulsé sur le devant de la scène. La situation des finances publiques de la France ne peut rester en coulisse pendant le débat présidentiel.
Il importe de rappeler que l'ensemble du régime financier des structures publiques françaises est en situation de vrai péril.
En 2006, les charges d'intérêt de la dette de l'Etat, c'est 40 milliards d'euros, soit 15% du budget de l'Etat.
Le service de la dette engloutit chaque année pratiquement le produit de l'impôt sur le revenu ou l'équivalent de deux fois le budget de la recherche et de l'enseignement supérieur.
Cette dette nous concerne tous. C'est désormais un niveau alarmant atteint à l'issue d'une hausse ininterrompue depuis 25 ans.
La dette atteint environ 1 110 milliards d'euros contre 92 milliards d'euros en 1980. C'est 66% de la richesse créée chaque année (PIB) contre 20% en 1980 !
Et encore importe-t-il de préciser que ce chiffre n'intègre pas les engagements et risques « hors bilan » de l'État, c'est-à-dire toutes les dépenses futures auxquelles l'État devra faire face à l'exemple des engagements de retraite des fonctionnaires et agents publics relevant des régimes spéciaux soit 450 à 900 milliards d'euros de plus.
L'explosion de la dette ne s'explique pas par des circonstances exceptionnelles mais par l'accumulation, depuis 25 ans, des déficits des administrations publiques.
La France a le niveau de prélèvements obligatoires le plus élevé des grands pays industrialisés ((44% du PIB contre 39,5% pour la zone euro et 35 % pour le G7) et en même temps elle doit s'endetter chaque année pour financer des dépenses encore plus importantes.
Tout se passe comme si, depuis le début des années 80, l'augmentation de l'endettement était en fait considérée comme une ressource publique à part entière.
Les comptes sociaux sont dans une situation analogue.
Il est temps qu'au moins l'un des candidats tienne sur ces dossiers majeurs un discours de vérité qui fonde un vrai contrat démocratique sur des bases sérieuses et claires.