Ségolène Royal découvre la différence entre les bonnes opinions et les votes
La lecture attentive des enquêtes d'opinion conduites à la rentrée fait apparaître deux enseignements majeurs : les profils de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy représentent des France coupées mais surtout les profils des bonnes opinions de Ségolène Royal n'entraînent plus votes.
La rentrée constitue un premier virage dans la structuration de l'opinion publique.
Deux évolutions amorcées dés le printemps 2006 se confirment.
La première, c'est que le réservoir de bonnes opinions pour Ségolène Royal et celui de Nicolas Sarkozy prennent des profils de plus en plus distincts.
Pour résumer, le potentiel de bonnes opinions pour Ségolène Royal se trouve :
* chez les moins de 34 ans mais aussi à l'autre extrême de la chaîne d'âges chez les + de 70 ans,
* chez les professions intermédiaires et les inactifs,
* une géographie privilégiée : le Nord,
* des revenus modérés : entre 1 200 et 2 000 euros de revenus nets mensuels,
* en dehors de son parti politique, elle peut compter sur une bonne opinion très significative chez les sympathisants UDF.
Les points originaux de ce potentiel commencent à décrocher lorsqu'il s'agit de passer de la bonne opinion au vote et des surprises interviennent alors.
Pour le 1er tour, à ce jour, pour une majorité d'enquêtes, les hommes votent davantage pour Ségolène Royal que les femmes : en moyenne plus d'un point d'écart.
Les inactifs restent au-dessus de la moyenne mais vont beaucoup rejoindre Nicolas Sarkozy.
Dans les géographies, le Nord Est décroche dans des proportions considérables.
Le sympathisant UDF reste globalement fidèle à des traditions politiques.
Ces décrochages montrent toute la difficulté du parcours à venir pour Ségolène Royal.
Nicolas Sarkozy a désormais un socle électoral solide très typé :
* plus de 60 ans,
* retraités, chefs d'entreprises, artisans et commerçants,
* Sud Est.
C'est la France qui travaille, qui aime la sécurité, qui répond traditionnellement à un profil classique d'électeurs de droite.
Pour Ségolène Royal, le réservoir initial est plus large mais des évasions significatives se profilent ouvrant autant d'espaces éventuels à d'autres votes. Ce schéma montre aussi que ceux qui évoquent un second tour qui serait en 2007 à l'envers de 2002 c'est à dire Le Pen contre le candidat PS s'émancipent beaucoup des chiffres.
Nicolas Sarkozy occupe bien l'espace de droite. Ségolène Royal n'occupe pas encore tout son espace politique naturel. Au fur et à mesure qu'elle va l'occuper, elle devrait décrocher certains actuels groupes de soutiens. Le discours militant dans le cadre des primaires ne peut qu'accélerer cette évolution tant les militants du PS sont parfois éloignés de l'opinion sur des thèmes forts (sécurité, retraites...).
Le semaines qui arrivent sont donc délicates et peuvent conduire à une certaine recomposition. Il est certain qu'une alliance avec une personnalité réellement complémentaire comme Jack lang (voir récentes déclarations) consoliderait un large socle. Le profil de Ségolène Royal est à ce jour atypique au point probable de devoir chercher la constitution d'un ticket pour garder son réservoir politique naturel et ajouter des votes liés à sa personnalité.