Ségolène Royal est-elle la seule chance de victoire de la gauche ?

Les critiques de Jean Luc Mélenchon contre la leader socialiste appellent une question : à qui peut servir aujourd'hui toute tentative de fragilisation de la candidature de Ségolène Royal ?

De façon paradoxale, les premiers héritiers du marxisme semblent avoir oublié la problèmatique selon laquelle la victoire culturelle devait précéder la victoire politique.

Aujourd'hui, culturellement, la France n'est pas à gauche. Une victoire lors du référendum sur le traité constitutionnel européen n'est pas un sésame permanent pour prétendre devancer les aspirations des Français.

Le dernier sondage sur les régimes spéciaux des retraites montre si besoin était combien les états majors des partis de gauche peuvent être coupés d'une partie des aspirations d'une large opinion publique.

La France est aujourd'hui culturellement un pays plus ancré à droite qu'à gauche. La sécurité, l'emploi, la remise de l'ordre dans les finances publiques, voire même l'instabilité internationale sont traditionnellement des "dossiers de droite".

Toutes les dernières enquêtes attestent qu'en l'absence d'une candidature de Ségolène Royal le rapport droite / gauche s'établit à un 55 / 45 dans une ambiance digne de 1995.

Seule la personnalité atypique de Ségolène Royal permet à ce jour d'éviter à la gauche ce rapport de forces politiques.

Elle est bien à ce jour la seule à offrir une perspective de compétitivité électorale à la gauche, même si cela doit déplaire à certains "archéos" qui cherchent à incarner une forme de populisme qui tourne le dos à la modernité doctrinale des sociaux démocrates voisins.

  • Publié le 15 septembre 2006

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