Ségolène Royal : un mythe et une réalité

La leader socialiste effectue ce jour sur LCI un pas supplémentaire en évoquant officiellement l'hypothèse de son investiture par les militants socialistes et son "devoir de préparation" qui en résulte.

Loin d'être un "mythe" selon la formule de Patrick Devedjan, la leader socialiste s'est affirmée "une réalité".

Pour parler d'un « phénomène » Ségolène Royal, il faut que son actuelle popularité ne repose sur aucune des tentations éphémères de la vie politique française c'est-à-dire ni imitation ni frisson du neuf.

Deux éléments de réponses sont certains à ce jour.
D'une part, le décalage entre les repères traditionnels des politiques de 1er plan et la société est aujourd'hui quasi-total.
Les premiers ne parlent pas comme la seconde. Tout est en décalage. Le 1er terme ci-dessous est celui utilisé par les responsables politiques. Le second est celui attendu par la société. Le décalage est édifiant :
collectivité / individu,
travail / loisirs,
religion / matérialisme,
efforts / jouissance,
certitude / doute,
optimisme / angoisse,
croyance / peurs,
...

Cet décalage crée un espace. Comme ce décalage est plus important que jamais, il est aussi exact que cet espace est donc plus grand que d'ordinaire.
Ségolène Royal a particulièrement bien occupé cet espace.

Le second repère est que l'ambiance actuelle est aux valeurs féminines. Dans un monde d'angoisses et de précarités, la recherche d'harmonie appelle des concepts, des mots, des attitudes plus proches des valeurs féminines traditionnelles.

Le positionnement de Ségolène Royal est à la rencontre de ces deux tendances lourdes ; ce qui explique qu'elle soit à la fois "un mythe" et une "réalité".

  • Publié le 19 septembre 2006

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