Ségolène Royal attaque Nicolas Sarkozy sur la sécurité

La leader socialiste choisit le choc frontal avec Nicolas Sarkozy. Dans des termes différents que ceux utilisés à Lens par Laurent Fabius, elle entend montrer qu'elle est capable, elle aussi, de tenir le choc contre le Président de l'UMP.

La sécurité sera parmi les priorités de l'élection de 2007.

L'attaque de Ségolène Royal a deux objectifs :
1) montrer qu'elle aussi est capable de mener une charge offensive contre le Ministre de l'Intérieur,
2) qu'elle est même capable de conduire cette charge sur un dossier déterminant pour son bilan.

Cette offensive intervient dans un contexte qui demeure très mouvant. A la question « selon vous l'insécurité a plutôt tendance à augmenter, à diminuer ou à rester stable » (enquête BVA pour Le Figaro 07/06/06), 45 % considèrent qu'elle a tendance à augmenter pour seulement 9 % à diminuer et 45 % à rester stable.
Par conséquent, même s'il importe de garder à l'esprit que 56 % des français considèrent que Nicolas Sarkozy « fait les bons choix », l'appréciation sur les résultats pratiques de « ces bons choix » demeure très mitigé.

Autre question : existe-t-il une seule politique pour lutter contre l'insécurité, bref pour résumer de façon simplifiée est-ce que Ségolène Royal = Nicolas Sarkozy ?
La réponse est non pour 46 % mais surtout pour 57 % des électeurs de gauche dont 58 % du PS.
Par conséquent, même quand Ségolène Royal effectue des propositions que la droite analyse comme un « ralliement », pour 57 % des électeurs de gauche, cet argument n'a pas prise. En réalité, cet argument tend plutôt à convaincre les électeurs de droite que les politiques seraient les mêmes… Ce qui signifie que quand la droite utilise cet argument, elle s'enlève un argument de différenciation à l'intérieur de son propre camp politique.

Enfin, la 1ère cause de l'augmentation de l'insécurité est considérée comme étant « la dégradation des conditions de vie et l'augmentation de la pauvreté » (81 % sont d'accord avec cette analyse) alors même que l'appréciation que « l'insécurité est avant due au trop grand nombre d'immigrés en France » ne recueille que 31 % d'opinions favorables.

Ces chiffres montrent que le débat sur l'insécurité peut révéler de nombreuses surprises.

  • Publié le 20 septembre 2006

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