Laurent Fabius mise sur l'opinion
L'ancien Premier Ministre toujours en délicatesse dans les sondages mise sur un retournement de "l'opinion profonde" comme lors des derniers jours du référendum de mai 2005 sur l'Europe.
La démarche de Laurent Fabius a le mérite de la clarté. Au sein du PS, il incarne désormais l'option de vraie gauche face à l'approche plus teintée de sociale démocratie incarnée par ses autres concurrents à l'investiture socialiste.
Cette option pose deux questions majeures.
D'une part, comment sa position lors du référendum européen pourrait-elle ouvrir la voie à des ralliements d'autres concurrents qui, eux , ont tous appelé à voter oui au référendum de mai 2005 ?
Il est certain que Laurent Fabius peut compter sur un score au sein des militants socialistes significativement supérieur à celui des actuels sondages auprès des seuls sympathisants. Ses réseaux efficaces au sein des fédérations, son talent personnel lui assurent un filet de sécurité de l'ordre de 25 à 30 % de voix. Mais comment franchir les 50 % ?
Cette seconde étape pose la question de la perception de la personnalité de Laurent Fabius qui a longtemps incarné le profil technocrate qui a du mal à désormais séduire l'opinion. Elle est loin la décennie 80 découvrant ce brillant jeune Premier Ministre allant chercher ses croissants en pantoufles ou montant dans un jet militaire en tenue de combat.
Comment faire maintenant proche et non pas froid, humain et non plus une redoutable mécanique intellectuelle ?
De sa capacité à résoudre cette dernière question dépend son rebond.