Lionel Jospin s'autoproclame "leader charismatique"
Pendant des années, l'ancien Premier Ministre a été présenté comme un "modèle" d'autisme politique. Ce trait de tempérament ne semble pas avoir disparu quand on découvre sa présentation de la situation politique loin des enseignements des nombreuses enquêtes d'opinion.
Le PS manque de "leadership". Il manque aussi d'un vrai "leader" à la différence du passé. Les priorités posées ne sont pas les bonnes. Bref à entendre Lionel Jospin même si "chacun des candidats a la possibilité de gagner", il paraît difficile de "passer à l'acte" tant les défaillances diverses seraient nombreuses.
Bref, au-delà de toutes ces explications, il semblerait que ce soit surtout Lionel Jospin qui manque au PS...
Depuis 1981, soit en 25 ans, le parti politique détenteur de la réalité du pouvoir exécutif a toujours été battu lors du renouvellement politique national :
1981-1986: parti au pouvoir: PS,
1986 : victoire du RPR,
1988: victoire du PS,
1993 : victoire du RPR,
1995 : alternance au sein de la droite avec la défaite de Balladur aux Présidentielles de 1995,
1998 : victoire du PS,
2002 : victoire du RPR.
Sur les 20 dernières années, le responsable politique associé à l'exercice du pouvoir national n'a jamais gagné l'élection posant la question de la reconduction de son pouvoir.
Si l'élection de 2007 se situe dans cette logique, elle offre donc mécaniquement une possibilité d'alternance.
Certes, l'une des incertitudes réside dans la faculté de Nicolas Sarkozy de faire vivre une alternance à l'intérieur de l'actuelle majorité à l'exemple de la situation de J. Chirac en 1995. Mais J. Chirac n'avait alors pas participé au Gouvernement et paraissait même terriblement marginalisé par celui-ci ; ce qui n'est pas le cas de Nicolas Sarkozy.
A la différence de 2002, Lionel Jospin peut aujourd'hui prétendre incarner le changement.
Le sentiment d'élection « inachevée » est un socle important pour Lionel Jospin.
Il faut entendre les commentaires des militants socialistes dans leurs débats internes pour prendre la juste dimension de ce « traumatisme ».
Ce volet purement psychologique impactera lourdement les éventuelles primaires internes au PS. Mais le changement aujourd'hui n'est pas que politique face à la droite. L'attente va bien au-delà en terme de génération et de nouveauté. Si 2002 fut une élection inachevée pour Lionel Jospin, l'échéance de 2007 risque fort d'être l'élection fermée tant la conjoncture ne parait plus prête à la multiplication des tentatives présidentielles sur près de 15 ans.