Nicolas Sarkozy est-il sur le point de quitter le Gouvernement ?
En une semaine, depuis le voyage à New York, tout semble s'accélérer pour justifier un départ anticipé du Gouvernement. L'équation est simple : comment gagner en liberté d'action et en autonomie de bilan ?
Le temps de la "rupture permanente et générale" semble revenu à l'ordre du jour.
Depuis 2002, la vie publique française connaît une évolution majeure. Elle est tombée sous les coups permanents de Nicolas Sarkozy.
Sa communication a introduit 4 repères neufs dans la politique française.
1ère nouveauté : la permanence de la communication. C'est la 1ère campagne permanente de ce type connue par la vie publique française. Jusqu'alors, les coutumes étaient aux campagnes thématiques ponctuelles organisées sur une séquence temps précise. Pendant 1 mois, un responsable politique communiquait sur un thème donné. Puis, il « disparaissait » de la scène pendant deux ou trois mois avant de revenir sur un autre dossier. A l'opposé de cette tradition, Nicolas Sarkozy substitue la « campagne permanente » à l'américaine. Presque chaque jour, une campagne de communication est conduite ( déplacements, images, formules chocs).
2ème nouveauté : incarner « l'énergie rebelle » et ce alors même que l'intéressé est au pouvoir.
Nicolas Sarkozy a perçu les problèmes majeurs de la société Française. Le moral des Français est en baisse avec la prise de conscience de difficultés croissantes (licenciements, financement des retraites, insécurité, terrorisme internationa). Face aux problèmes rencontrés, l'offre politique est décevante. Les élites, dont les experts, ne sont plus aptes à apporter des réponses efficaces. Les programmes des candidats se ressemblent de plus en plus d'où une certaine confusion démotivante. Des efforts sont demandés pour des résultats lointains alors que le « citoyen-consommateur » veut des satisfactions « ici et maintenant ».
Sur la base de ce constat, tout est donc réuni pour un divorce profond entre la demande des citoyens et l'actuelle ou traditionnelle offre politique. Alors même qu'il occupe des responsabilités ministérielles éminentes, Nicolas Sarkozy parvient à capitaliser deux qualités d'ordinaire propres à ceux éloignés des cercles du pouvoir. D'une part, alors même qu'il est reproché au gouvernement de ne pas assez conduire le changement, Nicolas Sarkozy incarne l'énergie en mouvement.
D'autre part, alors qu'il a coccupé le poste symbole de « l'ordre établi » c'est-à-dire le Ministère de l'Intérieur il est parvenu à incarner le mouvement et la réforme.
3ème nouveauté : créer son propre espace politique. Depuis 2004, Nicolas Sarkozy a atteint une position emblématique. Le débat politique français s'organise par et autour de lui.
4ème nouveauté : vers un enjeu de génération ?
A ce jour, à un élément près, la présidentielle de 2007 s'annonce pour la majorité sortante à l'exemple de celle de 1974.
En 1974, la maladie du Président Pompidou avait créé une aspiration en faveur d'un Président jeune et dynamique. La fin de mandat du Président Chirac est dominée par un enjeu d'image sur « la génération du capitaine ».
40 ans de pouvoir auraient cassé toute faculté de modernité. La lecture de la presse étrangère grouille de références assassines pour J. Chirac.
La dernière enquête IFOP pour le JDD sur les indices de popularité montre que les deux têtes de l'exécutif peuvent compte rsur une moyenne de 35 % d'indice de satisfaction. C'est très bas. Dés que des leaders d'autres démocraties comparables tombent en-dessous de la barre des 40 %, chacun crie au "grave désaveu" démocratique. En France, les intéressés peinent à remonter au-dessus des 30 % ...
Après la multiplication des différences manifestes approche le temps de la séparation ouverte pour donner au candidat présidentiel toute l'autonomie nécessaire. Ce temps semble s'accélérer. Le départ pourrait sonner bientôt la réalité du vrai lancement de la présidentielle.