Ségolène Royal : une popularité pour la candidature ou pour la victoire ?
Alors que la leader socialiste caracole toujours en tête des sondages, des questions majeures demeurent sans réponse.
Pour bien comprendre l'ampleur de l'actuelle popularité de Ségolène Royal, il importe d'avoir à l'esprit 4 questions de simple bon sens trop souvent ignorées :
* un homme ayant participé à la vie politique, muni de qualifications aussi « étroites », aurait-il une chance de figurer en tête des sondages ?
* la popularité de Ségolène Royal traduit-elle un changement culturel profond, majeur, durable ?
* comment peut-elle résister aux temps forts d'une campagne électorale dont le traditionnel débat de l'entre-deux tours ?
* est-ce une popularité pour la candidature ou pour la victoire ?
La première question est capitale. Aucun profil présidentiel ne résulterait actuellement pour un homme d'une expérience publique comparable à celle de Ségolène Royal. C'est une quasi-certitude. Ou alors la vie politique française connaît une véritable révolution pour accéder à la fonction présidentielle.
Jusqu'à ce jour, pour un candidat masculin, deux étapes étaient obligatoires :
* l'exercice de Ministères de premier rang,
* une responsabilité majeure dans un parti politique.
Ségolène Royal ne compte aucune de ces deux qualités.
Ce constat montre toute la spécificité du positionnement de Ségolène Royal.
Toutes proportions gardées et dans des circonstances comparables, son actuelle popularité n'est-elle pas analogue à celle de Geraldine Ferraro sur le ticket présidentiel américain en 1984 ?
Une popularité pour la candidature mais pas encore pour la victoire ?
C'est la question à laquelle l'édito de notre lettre 58 tente de répondre : parution le 26/09/06.