Ségolène Royal fait face à des attaques particulières
Attaquée au moment de son annonce de candidature sur des aspects familiaux à l'exemple de la compatibilité de son ambition avec l'exercice de ses responsabilités familiales, la leader socialiste subit toujours des offensives portant sur des volets jusqu'alors tabous dans la vie politique française à l'exemple du "favoritisme familial" dont elle pourrait bénéficier.
A partir de quand, la campagne présidentielle française s'ouvrira-t-elle à un vrai débat sur le contenu ?
Ou plutôt quand les sujets ouverts contre Ségolène Royal seront-ils "équitablement" posés entre tous les acteurs de la vie politique française ? Comment interpréter ce traitement "particulier" ?
Ségolène Royal et François Hollande sont-ils le seul couple en politique ?
La réponse est non. La vie politique française est l'une des démocraties les plus marquées par des liaisons familiales ou affectives.
Mme Alliot Marie bénéficie-t-elle de la position très influente de son mari au sein du groupe parlementaire UMP ou inversement ?
Mme Voynet a-t-elle favorisé certaines promotions de M. Cochet ?
Tel autre Ministre influent bénéficie-t-il des liens familiaux qui le rapprochent avec le Chef de l'Etat soucieux, à juste titre, de respecter la mémoire d'un ancien collaborateur éminent ?
La liste serait extraordinairement longue s'il fallait citer tous les cas dans lesquels des liens étroits existent entre des décideurs politiques de premier plan.
Pourquoi réserver la quasi-exclusivité de ces questions à l'une des personnalités en présence ?
Les raisons paraissent doubles :
* d'une part, l'envolée dans les sondages crée des rancoeurs multiples,
* d'autre part, et surtout, la candidature de S. Royal est toujours d'abord perçue comme la candidature d'une femme et donc méritant ou pouvant justifier à ce titre des questions "particulières".
C'est ce dernier volet qui est le plus choquant et inquiétant. Car sous cet angle, les citoyens risquent d'être privés du vrai débat qu'ils méritent.
C'est d'autant plus choquant que les candidatures Sarkozy et Royal dessinent progressivement le profil de deux France très différentes au niveau des soutiens électoraux.
Il serait temps que chaque candidat soit pris comme le représentant à parts égales et que les questions identiques soient posées sans réserver à l'un d'entre eux des remarques qui paraitraient inopportunes dans un tout autre contexte.
Quand ce sera le cas, la vraie parité aura fait un grand pas.