Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal incarnent progressivement deux France qui s'éloignent
La récente enquête de CSA pour la revue Profession Politique apporte des enseignements majeurs dans la composition progressive de deux France qui s'éloignent.
Le scrutin présidentiel de 2007 risque de consacrer une fois de plus la coupure de la France en deux blocs électoraux très distincts.
D'un côté, la "France dure" incarnée par l'UMP tandis que le Parti Socialiste représenterait la "France douce".
La "France dure" est celle qui se donne les moyens pour lutter contre l'insécurité, contre l'immigration.
La "France douce" est celle qui est crédible pour améliorer le système éducatif, la protection sociale, la préservation de l'environnement.
La première gérerait l'immédiat dans une logique de "lutte contre". Tandis que la seconde pourrait agir "pour" des défis collectifs.
Ce manichéisme reprend corps.
Les corps électoraux se divisent en conséquence.
Les catégories plus âgées qui aiment "l'ordre et la sécurité" forment les gros bataillons d'un camp tandis que les jeunes (- de 35 ans, les professions intermédiaires et les cadres) constituent la clientèle de l'autre camp.
Cette stratégie voulue ou pas par les principaux candidats est une stratégie logique pour le premier tour. Mais si le second tour doit permettre un rassemblement sur des actions collectives majeures, il est à souhaiter que cette coupure ne s'accroisse pas trop. Sinon, au lendemain des scrutins nationaux, les réveils seront douloureux si chaque camp reste aussi figé sur des positions rigides classiques.
De plus, la droite doit suivre avec vigilance, l'évolution du souhait de victoire à la présidentielle.
Depuis septembre 2004, la gauche bénéficie d'un avantage confortable. A l'exception des mois de novembre et décembre 2005, cet écart reste significatif et stable. La majorité sortante ne crée pas les conditions d'un espoir lié à son potentiel de victoire. C'est un signe inquiétant pour elle.
Bref, à ce jour, la campagne recèle deux maux typiquement français :
* sanctionner le pouvoir sortant,
* repositionner chaque camp dans ses "atouts" traditionnels.
C'est ce schéma que les premières semaines de la campagne officielle du candidat de la majorité sortante devront remettre en question.