Michèle Alliot-Marie : Ministre de la guerre contre Sarkozy ?

La Ministre de la Défense progresse dans sa logique de candidature à la présidentielle. Le passage à l'acte paraît pourtant peu probable et terriblement risqué pour l'ensemble de son camp politique.

Pour de nombreux citoyens, 2002 a été un "vote volé" tant la frustration d'un second tour républicain a été grande.

Si C. Pasqua ou P. de Villiers avaient été candidats, la frustration aurait pu changer de camp bien rapidement. Cette réalité électorale ne doit pas être oubliée.

Il est loin le temps où la candidature d'un Michel Debré ou d'une Marie-France Garaud permettait sans risque majeur de compter les voix des "orthodoxes" et mieux peser ainsi sur l'ensemble du débat.

Pour cette raison, une candidature de Michèle Alliot Marie, non régulée par les instances de l'UMP, représenterait un danger totalement disproportionné.

Mais surtout, la vraie question demeure : une candidature pour quoi faire ?

Deux logiques peuvent inspirer une telle candidature.

1) Rééquilibrer le poids féminin à droite. Michèle Alliot Marie dispose-t-elle de l'image adéquate ? Sa fonction l'a beaucoup masculinisée dans l'image de l'opinion. Il faudrait un profil à la Michèle Barzach pour féminiser l'image de la droite c'est à dire une capacité de séduction visuelle avec un vrai registre émotionnel. Ce cadre était peut-être celui de MAM lors du Gouvernement 1986. Il ne l'est pas demeuré.

2) Compléter le profil libéral de Nicolas Sarkozy. Mais chercher à compléter ce profil c'est encore davantage l'ancrer dans un libéralisme dangereux pour le second tour. Electoralement, la majorité sortante n'a pas besoin d'orthodoxie gaulliste ou chiraquienne à supposer que le mot d'orthodoxie soit appliquable en l'espèce (est-il possible de parler d'une doctrine chiraquienne tant le pragmatisme semble la règle ?) mais cette majorité a besoin de recentrage au moment où l'UDF a beaucoup pris l'air du large. Dans cette hypothèse, le profil Borloo serait cohérent mais celui de MAM ...?

Par conséquent, il faudrait aller chercher ailleurs la vraie logique d'une telle candidature. Serait-ce "l'odeur de la poudre" répandue par les chiraquiens toujours opposés à la candidature Sarkozy ?

Mais les chiraquiens doivent d'abord constater que la fin de 12 ans de Présidence Chirac se solde par un désert sans nom de relève dans son propre camp. Si le propre des grands tempéraments devait consister à préparer des "dauphins", cet actif a été particulièrement peu valorisé en l'espèce.

Alors candidature de défense des chiraquiens ou plus simplement de la guerre contre Sarkozy avant d'ouvrir de nouveaux fronts dont peut-être celui de Raffarin qui remonte particulièrement au créneau voire même toujours celui de JL Debré ?

La désignation de Nicolas Sarkozy suscitera beaucoup de remous dans les états majors mais au sein des militants le choix est opéré sans marge de manoeuvre possible. les autres prétendants ont oublié le nouveau temps de la présidentielle...et il est désormais bien tard.

  • Publié le 7 octobre 2006

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